21 Juillet 2015 À 15:12
Dans le cadre de la lutte contre le charlatanisme et l’exercice illégal de la médecine dentaire et conformément aux dispositions de la loi 17-04 du Code du médicament et de la pharmacie, un accord vient d’être signé entre l’Ordre national des médecins-dentistes et l’Ordre des pharmaciens, chapeauté par le ministère de la Santé. Celui-ci porte sur la mise en place d’une nouvelle procédure régissant le circuit de la distribution des produits anesthésiques à usage dentaire, lesquels étaient, depuis des décennies, accessibles aux non professionnels à travers un circuit direct : laboratoires pharmaceutiques-faux dentistes, charlatans et intermédiaires.
Dans le détail, la vente de ces produits ne pourra se faire désormais qu'auprès des pharmacies d'officine après acquisition par le médecin-dentiste de bons de commande des produits anesthésiques à usage dentaire. Ces bons de commande seront délivrés exclusivement par l'Ordre national des médecins-dentistes à travers ses Conseils régionaux. Ainsi, les laboratoires ne pourront approvisionner que les pharmaciens d’officine. L'utilisation des bons de commande sera mise en vigueur à partir de demain, jeudi 23 juillet. «Cette démarche reste la seule voie légale devant l’anarchie que connaît à ce jour le circuit de vente des produits anesthésiques, en attendant l’amendement de la loi 17-04 portant Code du médicament et de la pharmacie», reconnaît l’Ordre national des médecins-dentistes dans un communiqué parvenu à la rédaction.
L'objectif de cette restructuration est d'établir un système de traçabilité de la chaîne de distribution des produits anesthésiques. Cela permettra également d’assurer une meilleure sécurité sanitaire et de protéger l’intégrité physique des citoyens. «C’est un système qui impliquera tous les intervenants dans ce circuit légal de distribution des produits anesthésiques en l’occurrence les établissements pharmaceutiques industriels, les grossistes et les pharmaciens d’officines ainsi que les médecins-dentistes inscrits au tableau de l’Ordre par leurs signatures et cachets sur les différentes souches. C’est avec ce système que le ministère de la Santé en partenariat avec les deux Ordres professionnels pourra détecter tout circuit parallèle illégal», affirme le docteur Yasser Messari, vice-président de l’Ordre national des médecins dentistes.
À noter que le ministère de la Santé prévoit des peines sévères pour les pharmaciens et les médecins dentistes qui ne respecteront pas cette procédure. «Nous sommes conscients qu'un grand pas a été franchi grâce à la persévérance et à l'insistance de toutes les forces vives de la profession auprès des différents acteurs du médicament» se réjouit le vice-président de l’Ordre des médecins dentistes. Les commissions constituées des agents du ministère de l’Intérieur, du ministère de la Santé, des Conseils régionaux de l’Ordre et des Syndicats des médecins-dentistes ont toujours relevé des dysfonctionnements liés à cette anarchie. Il y a une liste non négligeable de «charlatans dentistes» qui disposent dans leurs locaux de grandes quantités de produits anesthésiques dont la date de péremption est expirée. En outre, les commissions ont enregistré une série d'événements tragiques, subis par les citoyens, des cas de mort attribuée souvent à une surdose, en raison de l'utilisation abusive de l'anesthésique ou une utilisation inappropriée surtout chez des patients qui souffrent de maladies chroniques par ces «faux dentistes».