23 Février 2016 À 18:27
En attendant de savoir l'accueil que réservera le public à «Dallas», le réalisateur nous renvoie aux raisons qui l’ont poussé à choisir ce sujet pour son film pour disséquer avec ironie le métier de cinéma, à travers des personnages extravagants, passionnés et soumis à leurs démons personnels. «C’est l’histoire d’un tournage qui va virer au cauchemar, un naufrage qui va nous entraîner parfois aux limites de la folie humaine. Les sentiments exacerbés et les situations parfois loufoques servent un humour noir. Une expérience ultime et violente qui va transformer les personnages à jamais et révéler leur vraie nature», explique Mohamed Ali El Mejboud.
Le scénario écrit par le trio El Majboud, Laâroussi et Mouhejja transforme la violence psychologique que subit un réalisateur en violence physique, qui n’est jamais gratuite. «Le but étant de parler de la difficulté pour chaque artiste de créer et de parvenir à effleurer le Graal de la perfection. C’est aussi une histoire qui parle des sentiments humains, des relations entre des individus différents, travaillant ensemble et dont l’unique but est de concrétiser un projet fou, celui de faire un film. Il y a aussi un côté très sociologique qui m’a intéressé dans le scénario, ce sont les confrontations perpétuelles entre le meneur qui est le réalisateur et le groupe formé par les techniciens et les comédiens. Ce côté sociologique donne au film une touche universelle, on ne parle pas que de cinéma, mais aussi des rouages d’un système dans lequel s’entrechoquent les relations humaines. Tout cela est porté par la tornade de la passion. Jusqu’où est-on prêt à aller pour assouvir ce désir ?», s’interroge-t-il.
El Mejboud estime, à travers ce long métrage, donner tout simplement une vision personnelle de ce sujet, tout en racontant les péripéties du réalisateur surnommé Dallas qui se voit contraint de réaliser un film pour échapper à une mauvaise passe financière. Il s’associe, donc, à un riche homme d’affaires, également passionné de cinéma. Mais il se trouve qu’au cours du tournage du film, dont le sujet n’est autre que la vie du grand père de son généreux mécène, l’acteur principal décède d’une crise cardiaque. Dallas se trouve alors dans une situation désespérante où son unique solution n’est que de continuer son film avec le cadavre du comédien. C’est toute une aventure rocambolesque pleine de rebondissements et d’humour noir à laquelle doit s’attendre le public à qui il revient de juger du contenu et de la qualité de ce nouveau-né.
«J’ai été épatée par ce film pour plusieurs raisons. D’abord par sa thématique un peu spéciale, nouvelle et intéressante. J’ai aussi été émue par cette comédie-action très drôle où les relations humaines entre les personnages sont touchantes. Les rôles sont incarnés par des comédiens compétents qui se sont tous transformés dans ce film. Ils interprètent des personnages et des situations qu’ils n’ont pas l’habitude de jouer. Il faut dire que c’est un film qui est bien fait techniquement et on y trouve de la fraîcheur, d’autant plus que c’est une première de Ali El Mejboud», souligne Imane Masbahi, qui s’occupe de la distribution de «Dallas». En effet, avec Aziz Dadas, Amal El Atrach, Driss Roukhe, Kamal Kadimi et Aïssam Bouali, on est sûr que le réalisateur a réussi un bon casting. Maintenant, il faut convaincre de la qualité des autres ingrédients cinématographiques.