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Accélérer les réformes pour promouvoir l'employabilité

Le troisième Forum international sur les politiques publiques de l’emploi, organisé les 2 et 3 mars à Marrakech, a débouché sur une batterie de recommandations destinées à apporter des réponses aux multiples défis relatifs à la problématique de l’emploi.

Cette rencontre a rassemblé des ministres de l’Emploi et des représentants d’institutions opérant dans le secteur venus des quatre coins du globe.

06 Mars 2016 À 13:55

Placée sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI et initiée par le ministère de l’Emploi et des affaires sociales en partenariat avec l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Organisation de coopération et de développement économique, cette rencontre a rassemblé des ministres de l’Emploi et des représentants d’institutions opérant dans le secteur venus des quatre coins du globe.

Au travers de ces recommandations, les participants ont souligné la nécessité de mener les politiques de l’emploi, qui sont transverses et multisectorielles, en coordination et en harmonie avec les autres politiques tant économiques, fiscales que financières pour favoriser la création d’emplois décents, lutter contre la précarité, inciter l’informel à «se formaliser», financer équitablement et suffisamment la protection sociale et renforcer la coordination des politiques d’emploi aux échelles régionales.

L’accent a aussi été mis sur l’importance de placer la problématique du chômage au centre de la stratégie de croissance par la mise en œuvre d’un cadre macro-économique favorisant la création d’emplois, améliorer l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail et de développer des dispositifs efficients ciblés sur les jeunes désavantagés sur le marché du travail par le biais notamment de la formation qualifiante.Le Forum a également recommandé de mettre en place des mesures destinées à favoriser l’accès des femmes à l’emploi salarié et au développement de l’entrepreneuriat, instaurer une culture d’égalité entre les hommes et les femmes sur le marché du travail, inclure la dimension emploi et les phénomènes migratoires dans les accords de libre-échange et d’investissement international, ajuster le cadre législatif du marché du travail pour garantir un accès égal aux droits des travailleurs et d’assurer une régularisation permanente des travailleurs migrants afin d’éviter leur exploitation.

Pour ce qui est de la crise mondiale de l’emploi des jeunes, marquée par un niveau de chômage sans précédent, la conférence a mis en valeur la grande importance que revêt l’Initiative globale pour l’emploi des jeunes, lancée en février dernier par l’OIT et inscrite dans le cadre des Objectifs mondiaux de développement durable 2030, qui tend à améliorer les perspectives économiques des jeunes arrivant sur le marché du travail.Le programme de ce forum a été meublé par une session plénière et quatre sessions parallèles qui ont porté, entre autres, sur le renforcement de la croissance à travers des politiques et institutions inclusives des marchés du travail, l’insertion économique des jeunes, la promotion de l’égalité entre hommes et femmes sur le marché du travail, et les inégalités et les impacts des marchés du travail sur les travailleurs migrants.Le constat qui s’est dégagé aussi bien des débats que des interventions c’est que la problématique de l’emploi est universelle et que le chômage continue de faire des ravages dans le monde comme en témoignent d’ailleurs les chiffres alarmants présentés à cette occasion. À ce titre, le directeur général de l’OIT, Guy Ryder, a alerté sur la gravité du phénomène et avancé une augmentation d’environ 2,3 millions de sans-emploi dans le monde en 2016 pour atteindre en 2017 le seuil critique de 200 millions de personnes.

«Le marché de l’emploi n’en a pas fini avec les conséquences de la crise économique et le monde du travail va désormais devoir faire face à la détérioration de la situation dans les pays émergents», a-t-il noté. Pour désamorcer cette situation extrêmement inquiétante, le patron de l’OIT a insisté sur l’impérieuse nécessité de renforcer les politiques en matière d’emploi et d’œuvrer à réduire les inégalités sociales.Dans cet esprit, les orateurs ont été unanimes à souligner l’urgence d’agir pour atténuer l’impact croissant de ce phénomène qui ne cesse de s’amplifier, d’autant plus que selon les dernières projections de l’OIT, le monde comptera 213 millions de chômeurs en 2020 contre 169 millions uniquement en 2007. Ils ont également appelé à œuvrer pour le rétablissement de la justice sociale, à renforcer le dialogue social en tant qu’épine dorsale de toute politique de l’emploi et à s’attaquer aux difficultés d’insertion qui se traduisent par un chômage élevé touchant surtout la fraction de la jeunesse la plus éduquée, des emplois précaires et du sous-emploi affectant les moins qualifiés et les femmes.

Cette rencontre a été, par ailleurs, mise à profit pour présenter la Stratégie nationale pour l’emploi 2015-2025 qui propose une nouvelle approche de la politique de l’emploi visant à aller au-delà des traditionnelles politiques du marché du travail et de la question du chômage. Selon un diagnostic de l’emploi réalisé en 2014, le Maroc connait une croissance soutenue depuis plus d’une décennie, mais pauvre en emplois. Même les projections économiques et d’emploi à l’horizon 2025 relèvent un équilibre très fragile au Maroc qui aboutira à l’exclusion et au maintien dans la précarité des catégories les plus vulnérables que sont les femmes, les jeunes et les actifs les moins qualifiés.

Il convient enfin de signaler que le Programme national de promotion de l’intégration des migrants au Maroc a été hautement apprécié par les participants à cet événement de grande envergure. 

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