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L'Iran fait nettement rebondir le cours

Au lendemain d'une baisse d'environ un demi-dollar, le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mars a pris 1,62 dollar à 30,66 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

L'Iran soutient toute mesure visant à stabiliser le marché et augmenter les prix, a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namadar Zanganeh Ph : AFP

18 Février 2016 À 09:19

Après un début de semaine morose, les cours du pétrole ont, fortement, monté mercredi, après des déclarations de grands pays producteurs laissant envisager de possibles mesures concertées pour limiter leur offre, et de propos jugés encourageants de l'Iran.

Au lendemain d'une baisse d'environ un demi-dollar, le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mars a pris 1,62 dollar à 30,66 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Déjà en hausse à l'ouverture new-yorkaise, le marché pétrolier a accéléré après des propos de l'Iran, membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui s'est dit prêt à soutenir toute mesure visant à stabiliser le marché. La veille, les deux plus gros producteurs mondiaux, l'Arabie Saoudite et la Russie, avaient conclu un accord de gel de la production.

«Le marché récompense l'Opep de parvenir à se rassembler un minimum, même si l'on ne sait toujours pas ce que l'Iran va accepter de faire», a jugé John Kilduff d'Again Capital.

Bijan Namadar Zanganeh, ministre iranien du Pétrole, a tenu ces propos à l'occasion d'une réunion à Téhéran avec ses homologues irakiens, vénézuélien et qatari. Caracas et Doha sont également signataires de l'accord de gel de production, mais la position de l'Iran sur le sujet n'est pas claire.

«Le simple fait qu'il puisse y avoir cette réunion ouvre la voie à un accord plus ambitieux à l'avenir», a commenté John Kilduff. «C'est pourquoi on a assisté à ce rebond même si, pour le moment, on ne voit pas de vraie réponse à la surabondance de pétrole».

Le niveau élevé de la production, que ce soit aux Etats-Unis, au sein de l'Opep dominée par l'Arabie Saoudite, ou en Russie, a largement contribué à faire baisser les cours de deux tiers depuis la mi-2014, pour les faire tomber au plus bas depuis 2003 ces dernières semaines.

Dans ce contexte, la position de l'Iran est cruciale : le pays, rival régional de l'Arabie, a peu de raison d'accepter de geler -sans parler de réduire- sa production au moment où il s'apprête à faire son retour sur le marché pétrolier international à la suite de la levée de sanctions sur son programme nucléaire.

Plus que les propos de Bijan Namadar Zanganeh, «ce sont des déclarations faites auparavant par Mehdi Asali, représentant de l'Iran au sein de l'Opep, qui semblent appropriées à la situation», a jugé Tim Evans de Citi. 

Il rapportait que le responsable iranien avait déclaré que son pays n'avait pas à participer à un processus de réduction de l'offre, puisqu'il n'avait pas joué de rôle dans la surabondance actuelle.

«Et sans engagement de l'Iran à maintenir sa production au niveau actuel, rien ne laisse attendre des changements qui soutiendraient les cours», a prévenu Tim Evans. «Les cours rebondissent peut-être aujourd'hui, mais cela ressemble plus à une reprise technique d'un marché parvenu à un plancher qu'à un mouvement lié à une amélioration de la situation réelle du marché», faisait-il valoir. 

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