22 Novembre 2016 À 19:19
C'est le facteur d'incertitudes qui caractérise les phénomènes liés aux changements climatiques qui rend compliqués les calculs des prix d'une assurance climat, relève Mohamed Hassan Bensalah, président de la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR), lors d'une conférence tenue, le 2 novembre à Casablanca, sur le thème «Changements climatiques : défis et enjeux pour l’industrie de l’assurance». En dépit de ces incertitudes, la FMSAR s'est engagée, durant la COP 22 de Marrakech, à financer des projets énergétiques et investir dans des valeurs écologiques et porteuses de valeur ajoutée, en optant progressivement pour des placements éco-conscients.
«À terme, l'investissement dans ces valeurs pourrait atteindre 6 milliards de dirhams», indique un communiqué de la FMSAR. À Marrakech, Mohamed Hassan Bensalah avait souligné que «notre industrie est certainement la plus concernée et la plus impactée par le réchauffement climatique et les risques catastrophiques et elle se doit d’apporter des solutions en mesure d’atténuer l’impact de ces phénomènes. C'est pour cette raison que nous avons tenu à accompagner le comité scientifique de la COP 22 dans le cadre du groupe de travail Finance-Climat».
Au sommet mondial sur les changements climatiques, la FMSAR avait présenté sa feuille de route, le 14 novembre, axée sur le développement de produits d’épargne «verts» qui devrait contribuer à drainer plus de 500 millions DH par an dans des contrats d'épargne dont les actifs seraient investis dans des valeurs respectueuses de l’environnement et élargir l’offre de couverture des risques climatiques, notamment ceux concernant le monde agricole, pour aller au-delà du million d'hectares déjà couverts. Cette feuille de route comprend également le développement des solutions d’assurance pour les risques environnementaux, la réduction de l’impact écologique de l’activité du secteur, en intégrant l’usage du digital au détriment du papier et la promotion de la culture de la prévention des risques environnementaux, en menant des actions de sensibilisation auprès des assurés. La démarche des sociétés d'assurance vient combler «le manque d'informations et la métrique (qui) posent un problème majeur dans le développement des produits d'assurance (...) d'où la nécessité de créer un écosystème pour l'industrie des assurances», comme l'avait souligné Nizar Baraka, président du comité scientifique de la COP 22.