20 Septembre 2016 À 17:25
La création du deuxième groupe mondial d’acier pourrait être annoncée cette semaine par la Chine. Le pays souhaite regrouper deux de ses plus gros producteurs pour concurrencer le géant ArcelorMittal. Une décision qui intervient alors que le secteur fait face à une crise de surproduction, indiquent les médias chinois cités par l’AFP. Dans les faits, le numéro deux chinois, Baosteel, basé à Shanghai, va absorber son concurrent Wuhan Iron and Steel Group, dont le siège est à Wuhan (centre), selon China Business News, qui précise que le gouvernement chinois s'apprête à donner son feu vert définitif à la fusion. Les deux groupes, qui occupent respectivement les cinquième et onzième rang mondial en termes de capacités de production, avaient déjà annoncé fin juin leur intention de se rapprocher. «La capacité de production cumulée du nouveau groupe, baptisé “Baowu”, est de 60,7 millions de tonnes, selon les chiffres 2015 de l'Association mondiale de l'acier», précise l’agence de presse française.
À noter que la Chine produit environ la moitié de l'acier mondial, mais ses aciéries, minées par le vif ralentissement économique du pays, ploient sous de colossales surcapacités de production, estimées à plusieurs centaines de millions de tonnes. Elles écoulent donc sur les marchés étrangers une partie de leurs excédents, provoquant un plongeon des prix mondiaux et faisant boire la tasse aux sidérurgistes asiatiques, européens et américains. Face aux critiques de ses partenaires commerciaux, Pékin a promis de réduire ses capacités de 100 à 150 millions de tonnes, sur un total de 1,2 milliard de tonnes, d'ici 2020. Témoin de ces difficultés, Baosteel a enregistré en 2015 un plongeon de 83% de son bénéfice net, à 1 milliard de yuans (150 millions de dollars). Wuhan Steel a, quant à lui, perdu 7,5 milliards de yuans l'an passé, contre un bénéfice net de 1,3 milliard de yuans en 2014.
La concentration de la sidérurgie chinoise n'en est qu'à ses débuts, observe l'analyste Chen Bingkun, du cabinet Minmetals and Jingyi Futures, cité par l’AFP. Une autre restructuration est d'ores et déjà annoncée dans la province du Liaoning (nord-est) entre les numéros 7 et 21 du classement mondial : respectivement Ansteel et Benxi Steel Group, selon le site internet Shanghai Securities News. Ces regroupements vont dans le sens de la réduction des capacités de production, selon des analystes. Mais pour Qin Jiawei, du cabinet Xinhu Futures, cette concentration ne donnera pas aux producteurs chinois l'avantage sur leurs grands concurrents étrangers, notamment en ce qui concerne le haut de gamme.