15 Février 2016 À 18:20
Au Maroc, les changements climatiques se manifestent par la succession d'épisodes climatiques extrêmes, comme les sécheresses et les inondations et une tendance générale au réchauffement. Dans son rapport 2015 sur l'état de l'environnement, le département de tutelle note : «il est attendu que les tendances observées perdurent (sécheresses et baisse des précipitations) et qu’il en résulte une baisse des ressources en eau douce renouvelable qui atteindrait 10-15% à l’horizon 2020 (...) Le ratio des ressources en eau mobilisables par habitant a chuté passant de 1.500 m3/habitant/an au début des années 60 à moins de 730 m3/habitant/an en 2012». Afin de faire face aux impacts des changements climatiques, le Maroc a pris des mesures d'atténuation et d'adaptation, qui feront l'objet, aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de Rabat, de la troisième communication sur ses engagements climatiques. Le Maroc, qui ne représente que 0,15% des émissions mondiales, a signé la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) lors du Sommet de Rio de Janeiro (Brésil), en juin 1992. Le Royaume l’a ratifiée en décembre 1995 et doit, en conséquence, transmettre à la Conférence des Parties sa communication sur ses engagements à lutter contre les changements climatiques. Cet engagement a été préparé début 2015, présenté au Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane le 2 juin 2015 à Rabat et soumis le 5 juin au secrétariat de la CCNUCC.
Le Maroc s'est engagé à atteindre une réduction de 32% de ses émissions en gaz à effet de serre en 2030. Cet engagement peut se faire selon deux scénarios : réduction des émissions de 13% en 2030 soit l'équivalent d'une réduction de 142 millions de tonnes d'équivalent CO2, ou une réduction supplémentaire de 19% atteignable sous certaines conditions (majoritairement en lien avec le support international). Ceci amène à une réduction totale de 32% en 2030 (équivalant à 401 millions de tonnes CO2eq). Un total de 45 milliards de dollars est nécessaire pour atteindre les 32% de réduction des émissions en gaz à effet de serre, dont 10 milliards seront puisés sur des fonds nationaux et 35 milliards proviendraient des financements internationaux. Par secteurs, celui de l'énergie vient en premier avec un objectif d'atténuation de 50% de l'ensemble de l’objectif, arrive par la suite celui de l'agriculture (de 13 à 23% du PIB selon les années) qui doit voir ses émissions réduites de 26%. Pour réaliser ces objectifs, le Royaume s'est doté d'une stratégie multisectorielle.
À l'horizon 2020, la part des énergies renouvelables représentera 52% de la capacité installée, alors que les secteurs du bâtiment, industrie et transports devront atteindre de 12 à 15% en 2020 d'efficacité énergétique. Dans le secteur de l'agriculture, il est prévu la reconstitution de 200.000 hectares de forêts, la superficie sous irrigation localisée devra concerner 550.000 hectares et la substitution, par les eaux de surface, de 85 millions de m3 par an au profit des nappes souterraines. En 2030, l'épuration des eaux usées doit atteindre les 100%, quelque 2,4 milliards de m3/an en eau d'irrigation seront économisés et la reconversion d'un million d'hectares de céréaliculture par arboriculture. En fin, les ressources financières consacrées à l'adaptation au dérèglement climatique représentent 9% des dépenses globales d’investissements.