27 Octobre 2016 À 18:42
Le coup d’envoi officiel de la septième édition du Salon international des dattes au Maroc a été donné hier à Erfoud. Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette manifestation, qui se poursuit jusqu’au 30 de ce mois, est organisée cette année autour du thème «Le palmier dattier : pilier des oasis pour l’adaptation aux changements climatiques». Après six rendez-vous réussis, cette septième édition a choisi de mettre l’accent sur un enjeu primordial pour les espaces oasiens, à savoir la nécessaire adaptation aux changements climatiques menaçant désormais cet écosystème rare qui représente l’un des derniers remparts contre l’avancée du désert. Un choix qui n’est d’ailleurs pas fortuit puisque le Maroc se prépare à accueillir dans quelques jours à Marrakech l’une des plus grandes manifestations consacrées à la lutte contre les changements climatiques : la COP 22.
Cette septième édition du Salon international des dattes traduit également les enjeux d’une filière importante de l’agriculture, porteuse d’un grand potentiel de développement de la production des dattes. En effet, grâce à une contribution annuelle de 40 à 60% dans la formation du revenu agricole pour plus de 2 millions d’habitants, la filière des dattes constitue une importante niche d’emploi dans la mesure où elle contribue à la création de 1,6 million de journées de travail par an pour la population rurale de régions parmi les plus touchées par la sécheresse de notre pays, et qui représentent d’ailleurs près de 40% du territoire national.
C’est dire l’importance de cette culture dont la production se développe à un rythme soutenu. Cette année, la production de dattes a en effet atteint le niveau record de 128.000 tonnes sur une superficie de palmeraies de 50.000 hectares, contre une moyenne annuelle de 90.000 tonnes jusqu’en 2009. Selon le ministre délégué chargé de l’Intérieur, Cherki Draïss, qui s’exprimait en marge de l’ouverture officielle de ce salon, ce résultat est dû aux efforts consentis depuis le lancement du Plan Maroc vert, notamment en termes d’amélioration des techniques de production, de renforcement des capacités des agriculteurs et de professionnalisation des acteurs. La filière des dattes a en effet bénéficié d’une attention particulière dans le cadre du Plan Maroc vert à travers la mise en place d’un contrat programme de mise à niveau signé entre le gouvernement et les organisations interprofessionnelles (Fimadattes et Fenaprod) et qui a permis de mobiliser près de 7,7 milliards de DH pour la période 2010 et 2020. En conséquence, le secteur a connu un essor considérable en l’espace de quelques années seulement, grâce notamment aux nombreuses mesures prises, comme la réhabilitation des anciennes palmeraies, la création de nouvelles exploitations ainsi que l’introduction de techniques de pointe en matière d’irrigation, d’exploitation et de valorisation des produits.
Selon les organisateurs du Salon, le bilan des réalisations est très positif pour les différentes composantes du contrat programme. La production de vitroplants par exemple a atteint 500.000 annuellement contre 30.000 en 2010 et le programme de plantation de palmiers dattiers aura atteint à fin 2016 un taux de réalisation de 68%, sachant que l’objectif des 3 millions sera atteint en 2018, deux années avant l’échéance fixée. Et pour mieux valoriser les dattes marocaines, un programme ambitieux de normalisation a été initié pour faciliter son accès à divers marchés et un programme de 39 unités de stockage frigorifique, de conditionnement et d’emballage des dattes d’une capacité de 8.880 tonnes est en cours de réalisation, dont plus 50% des unités sont déjà fonctionnelles au niveau des régions productrices, pour un objectif de 30.000 tonnes à l’horizon 2020.