Spécial Marche verte

Les TIC peuvent-elles remplacer le professeur ?

L’Université de Fès en collaboration avec Enactus-Fès a organisé, vendredi, une rencontre afin de débattre de l’impact des technologies de l'information et de la communication sur l’éducation. En effet, l'intégration des TIC pour l'amélioration de la qualité des enseignements et des apprentissages suppose une utilisation habituelle et régulière des TIC en classe par les élèves et les enseignants. Ce qui n’est pas toujours évident dans le contexte actuel.

Huit lycéens sur 10 déclarent posséder un ordinateur.

20 Mars 2016 À 14:57

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) constituent l'un des facteurs les plus marquants des sociétés contemporaines. Le domaine de l'éducation n'échappe pas à leur emprise et nombreux sont les gouvernements qui investissent dans ce secteur en espérant plus d'efficience et d'efficacité de leurs systèmes éducatifs. «Les TIC peuvent contribuer à l’accès universel à l’éducation, à l’équité dans l’éducation, à la mise en œuvre d’un apprentissage et d’un enseignement de qualité, au développement professionnel des enseignants ainsi qu’à une gestion, une gouvernance et une administration de l’éducation plus efficaces», affirme l’Unesco.Dans ce sens, l’Université de Fès (UPF) a décidé d’organiser une rencontre en collaboration avec Enactus-Fès afin de débattre de l’impact des TIC sur l’éducation. Dans une note de présentation, l’UPF souligne que la génération la plus concernée par ce boom technologique, notamment internet, est la «Génération Y» (enfants nés entre 1980 et 2000).

«Cette génération née avec Internet et le MP3, le smartphone et les réseaux sociaux, passe plus de temps à communiquer sur les espaces de socialisation virtuels que dans les espaces de communication réels», ajoute la même source. «Sommes-nous en mesure de contrôler et d'assurer un suivi éducatif de cette génération ? Utilisions-nous les supports technologiques à bon escient ? Et quel est le type d'espace socioéducatif préconisé pour la nouvelle génération Y ?» sont quelques interrogations qui ont été soulevées lors de cette conférence. Car, si l'intégration des TIC représente une avancée en soi, elle suppose aussi une remise en cause des méthodes traditionnelles centrées sur l'enseignement, et qui reposent sur la transmission des connaissances par l'enseignant.

Par ailleurs, il semble évident que l'intégration des TIC pour l'amélioration de la qualité des enseignements et des apprentissages suppose une utilisation habituelle et régulière des TIC en classe par les élèves et les enseignants. Ce qui, encore aujourd’hui, n’est pas si simple. En effet, force est de constater que les établissements ne sont pas tous dotés du matériel nécessaire ni des budgets suffisants. Selon la direction du programme GENIE entamé en 2006 au Maroc, 87% des établissements scolaires étaient pourvus, en 2013, d’un environnement multimédia de base, dont une salle multimédia «avec filtrage», nécessaire pour empêcher les élèves de surfer sur des sites interdits. Au niveau primaire, 6.500 écoles avaient accès à l’outil informatique, à savoir un ordinateur portable et un vidéoprojecteur, et non pas d’une salle multimédia comme cela existe dans les collèges et les lycées. Pourtant, on sait pertinemment que l’apprentissage des TIC commence chez les enfants à un âge précoce. De même, les élèves marocains ne sont pas tous équipés à la maison. Ce qui laisse entrevoir certaines disparités au niveau de l’apprentissage.

Selon la récente enquête socioéducative menée par l’Étudiant marocain à l’échelle nationale, 9 lycéens sur 10 ont déclaré posséder un téléphone portable. De même, 8 lycéens sur 10 (79%) déclarent posséder un ordinateur. Près de 7 élèves sur 10 (68,6%) affirment disposer d’une connexion internet. Une connexion qu’ils utilisent, surtout, à des fins didactiques. En effet, pour un peu plus de 7 lycéens sur 10 (71,8%), l’internet est, avant tout, un moyen d’apprentissage et 58,1% affirment s’y connecter pour faire des recherches pour leurs études. Ils sont, tout de même aussi, la moitié des lycéens (49,7%) à «surfer» pour se divertir. À noter également que près de 6 lycéens sur 10 (57,7%) affirment rester devant leur ordinateur au moins 3 heures par jour. 

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