15 Août 2016 À 16:11
Les hépatites virales constituent un fléau mondial. Quelque 400 millions de personnes à travers le monde, dont 3 millions au Maroc, sont infectées par les virus B et C. Malheureusement, 95% d’entre elles s’ignorent et s’exposent à de graves complications pouvant mettre leur vie en danger. Selon une étude publiée dernièrement dans la revue scientifique «The Lancet», les hépatites virales tueraient de plus en plus. Elles tuent désormais autant de personnes par an que le sida ou la tuberculose. En se basant sur des données fournies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des chercheurs de l'Imperial College de Londres et de l'Université de Washington ont évalué à 1,45 million le nombre de personnes décédées en 2013 des suites d'une hépatite virale, soit 63% de plus qu'en 1990.
Par comparaison, 1,4 million de personnes sont mortes de la tuberculose, 1,3 million du sida, et 885.000 du paludisme au cours de la même année. Les plus meurtrières sont les hépatites de type B et C qui sont à l'origine de près de 96% des décès, principalement par cancer du foie ou par cirrhose. Elles ne donnent souvent aucun symptôme dans un premier temps et progressent en silence jusqu'à ce que surviennent de graves problèmes hépatiques ou un cancer. Pourtant, il existe un vaccin pour prévenir l'hépatite B et des traitements efficaces contre l'hépatite C. Mais ces traitements très coûteux «restent hors de portée de n'importe quel pays, riche ou pauvre», note le docteur Graham Cooke de l'Imperial College de Londres. Quant à la vaccination contre l'hépatite B, elle reste très insuffisante, une «grande proportion du monde» n'étant toujours pas vaccinée, souligne le docteur Graham Cooke.