04 Août 2017 À 18:19
Le Régime d’assistance médicale (Ramed) est à l’évidence victime de son succès. Alors que le ministère de la Santé tablait sur 8,5 millions bénéficiaires lors du lancement de ce système, il se trouve actuellement dans l’obligation de gérer 11,5 millions de bénéficiaires, c'est-à-dire près de trois millions de cas supplémentaires. À l’insuffisance des moyens alloués, s’ajoutent des problèmes de gouvernance. De l’aveu du ministre de la Santé, les prestations de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et du Ramed se chevauchent parfois et la même personne peut détenir plus d’une carte Ramed. Globalement, le manque en matière d'infrastructures et d'équipements médicaux, de financement et de ressources humaines figure parmi les contraintes limitant l’efficacité du Ramed, a affirmé, jeudi à Rabat, le ministre de la Santé, El Hossein El Ouardi.
Lors d’une réunion tenue par la Commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants, sur «Le manque de ressources humaines dans le secteur de la santé et l’évaluation de la situation actuelle du Ramed», M. El Ouardi a souligné que plusieurs régions, notamment les zones enclavées, connaissent un manque en services de santé, vu l’insuffisance et la mauvaise répartition des cadres médicaux et paramédicaux et des dispensaires.Le manque enregistré au niveau des ressources humaines constitue l’une des entraves majeures limitant l’efficacité du système de la santé. Le Royaume compte en effet en moyenne 1,5 professionnel de santé pour 1.000 habitants, alors que l’Organisation mondiale de la santé recommande 4,5 professionnels pour 1.000 habitants. Le manque de ressources est couplé à leur mauvaise répartition géographique, puisque 52% des médecins sont répartis entre les villes de Rabat, Casablanca, El Jadida et Kénitra, tandis que le volume d'infirmiers concentrés dans ces villes représente 32%.
Dans ce cadre, M. El Ouardi a indiqué que les dysfonctionnements relatifs à la gestion et à la gouvernance sont liés, notamment, au cumul des prestations de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et du Ramed et à la détention de plus d’une carte Ramed par un même bénéficiaire, faisant savoir que le ministère œuvre pour pallier cette situation, en mettant en place un système informatique intégré et décentralisé, en coopération avec le ministère de l’Intérieur et l’Agence nationale de l'assurance maladie (Anam), et en créant une instance régulatrice indépendante du Ramed, sous contrôle public. Il a, également, mis l’accent sur les efforts continus déployés par le gouvernement pour faire face à ces contraintes, notamment à travers l’augmentation des postes budgétaires consacrés au ministère de la Santé, la signature d'accords de partenariats avec le secteur privé et la mise en place d’un système de formation, destiné particulièrement aux infirmiers.
Malgré les dysfonctionnements enregistrés, le Ramed a contribué à l’augmentation du panier de soins, que ce soit dans son volet relatif au service de prévention ou de traitement, y compris la prise en charge du cancer et des opérations de transplantation du cœur et du foie, s'est félicité le ministre.