08 Mai 2017 À 18:57
Le Maroc a posé les jalons du développement de la recherche scientifique, mais il peut faire mieux. C’est en ces termes que l’éminent chercheur Seeram Ramakrishna, directeur du Centre de nanofibres et nanotechnologie à l’Université nationale de Singapour, s’est adressé à une salle comble à l’université Mohammed VI polytechnique de Ben Guerir. Le chercheur, qualifié par Thomson Reuters comme l’un des scientifiques les plus influents au monde, fait partie des nombreuses éminences grises invitées cette année par le groupe OCP à la 4e édition du Symposium international sur l’innovation et la technologie dans l’industrie des phosphates (Symphos) placée autour du thème «Innovation to drive tomorrow’s agriculture».
Pour Mustapha El Ouafi, directeur général adjoint du groupe OCP, l’édition de cette année (8-10 mai) ambitionne de passer à un nouveau cap en créant une véritable communauté de référence mondiale axée sur la recherche et l’innovation pour une production durable dans le domaine du phosphate. Dans cet objectif, El Ouafi a annoncé non sans fierté le lancement imminent d’un master des sciences et technologies de fertilisation à l’Université Mohammed VI polytechnique, une université qui rappelons-le est une initiative du groupe OCP.«Le Maroc est sur la bonne voie. Ce genre d’initiatives portées par le groupe OCP et l’établissement d’un tel incubateur qu’est l’Université Mohammed VI polytechnique ne sont que les preuves tangibles d’une réelle volonté d’accompagnement du changement vers plus d’innovation», souligne le scientifique Seeram Ramakrishna. Ce dernier précise par ailleurs que plus d’un trillion de dollars sont injectés chaque année par 30 pays dans la recherche et développement. Dans deux ans, le budget de la Chine devra dépasser celui des États-Unis. Le chercheur s’est attardé devant un parterre d’experts sur la réussite de Singapour.
En seulement 10 ans, Singapour a pu relever le défi de l’innovation en investissant massivement dans la recherche scientifique et le capital humain. «Nous disposons de 6.000 chercheurs pour 1 million d’habitants, soit le taux le plus élevé au monde. Pour la période 2015-2020, nous avons prévu un budget de 19 milliards de dollars rien que pour la recherche scientifique», poursuit Seeram Ramakrishna. Ce dernier a lancé un appel aux responsables de l’Université Mohammed VI polytechnique afin de mettre en place des programmes, partenariats et échanges dans le domaine de la recherche scientifique. Le ton est ainsi donné aux 950 participants et exposants venus à Ben Guerir échanger autour des meilleures pratiques industrielles pour un monde plus durable.
Comment s’annonce cette 4e édition du Symphos ?L’édition 2017 du Symphos s’inscrit dans la continuité des trois éditions précédentes. Pour cette année, nous avons décidé d’organiser le symposium à l’Université Mohammed VI polytechnique de Ben Guerir, un endroit idéal pour débattre autour de l’innovation et de l’agriculture durable.
Comment se présente le programme scientifique ?Le programme est toujours enrichi d’une édition à une autre. On échangera autour de thématiques importantes comme l’environnement, l’énergie, la préservation de l’eau et l’agriculture durable. Il s’agira également de répondre à des problématiques relatives notamment au développement de technologies performantes pour l’industrie du phosphate.
Le Symphos proposera-t-il des recommandations pour une agriculture plus durable ?Notre ambition est qu’on puisse sortir, après trois jours d’échanges, avec des recommandations pratiques pour plus de développement et de partenariats entre le monde de la recherche et les industriels. L’objectif in fine est de donner un nouvel élan à l’industrie du phosphate qui fait de plus en plus face au changement climatique.