Ayoub Lahrache
13 Octobre 2017
À 21:05
La lutte contre l’analphabétisme nécessite la mobilisation de tous les intervenants. Gouvernement, conseils élus, secteur privé et associations de la société civile sont donc appelés à participer aux efforts collectifs pour lutter contre ce fléau, a assuré le Chef du gouvernement jeudi à Skhirat. Intervenant lors des travaux d’ouverture des assises nationales de l'alphabétisation, organisées les 13 et 14 octobre par l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisme (ANLCA), le Chef du gouvernement a souligné qu’il était primordial de rendre justice au citoyen marocain en le débarrassant du fléau de l’analphabétisme». Et pour atteindre les objectifs escomptés, une mobilisation nationale est nécessaire, toujours selon le Chef de gouvernement.
Revenant sur les statistiques d’éducation dans le Royaume, le Chef de l’Exécutif a affirmé que malgré les efforts fournis, «les résultats restent en deçà des ambitions de notre pays en la matière». Dans ce sens, le responsable a souligné que malgré la baisse du taux d’analphabétisme, qui est passé de 43% en 2004 à 32% en 2014, le rythme de cette opération est toujours insuffisant. D’où l’importance des assises qui se présentent comme un débat ouvert afin de partager les expériences et tenter de jeter plus de lumière sur les stratégies en place.
Mettant le point sur les dangers de ce fléau, le Chef du gouvernement a affirmé que le coût de l’analphabétisme est trop élevé et freine significativement la croissance économique du pays. Et ce n’est pas le seul danger, car l’élément humain se trouve au cœur de cette problématique, souligne le responsable. Dans ce sens, M. El Othmani a affirmé que l’analphabétisme empêchait les couches sociales les plus défavorisées de bénéficier de leur droit constitutionnel d'accéder à un enseignement qui leur garantit l'intégration sociale et une vie digne. Placées sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, les assises, qui se déroulent sur le thème «L’alphabétisation : équité, engagement et partenariat», constituent une plateforme de dialogue par excellence pour examiner la situation de l’analphabétisme au Maroc et favoriser un espace de concertation et de participation active, en vue d’élaborer des recommandations permettant d’améliorer le système d’alphabétisation. Avec la participation de plus de 500 intervenants des secteurs public et privé, ainsi que des partenaires financiers et techniques et des acteurs représentant les conseils élus, les associations et les coopératives, les organisateurs espèrent impliquer l’ensemble des acteurs et intervenants dans la perspective de réduire le taux d’analphabétisme à moins de 10% à l’horizon 2026.
Pour rappel, le Maroc a déployé, durant la dernière décennie, des moyens considérables pour accélérer le processus de lutte contre l’analphabétisme. Mais en affichant un taux d’environ 32% à la veille de la Journée nationale de lutte contre l’analphabétisme, force est de reconnaître que l’engagement de l’État seul ne pourrait pas aboutir aux résultats escomptés. Une feuille de route a été d’ailleurs mise en place afin d’assurer l'accélération du rythme de réalisation en éradiquant l'analphabétisme chez un million deux cent mille bénéficiaires par an d'ici 2024, en renforçant l'opération de transition vers une alphabétisation qualificative et variée, en améliorant la qualité de l'intervention, en garantissant un financement suffisant et durable et en instaurant une bonne gouvernance.