23 Mai 2017 À 18:41
«Nous avons noté, à l’issue de l’Accord de Paris, le changement de paradigme auquel nous allions être confrontés, passer d’une logique de négociations multilatérales à une logique de mise en œuvre nationale de NDC (contribution nationale de réduction des gaz à effet de serre, ndlr)», a souligné à Berlin Nezha El Ouafi, secrétaire d'État chargée du Développement durable, lors du Dialogue de Petersberg sur le climat, les 22 et 23 mai. La secrétaire d’État a précisé que le Maroc travaille dans cette perspective sur trois axes : la mise en place d’un cadre institutionnel à travers l’adoption la stratégie nationale de développement durable, la création du centre de compétence pour le changement climatique et la mise en place d’un cadre financier.
À ce sujet, Nezha El Ouafi a fait savoir que le Maroc a lancé, avec l’aide de la Banque mondiale, les études de faisabilité de la création d’un marché carbone dont les résultats seront dévoilés à la COP 23 à Bonn en novembre prochain. «Les pays en développement doivent respecter leur engagement et le Fonds vert doit trouver un financement pérenne à hauteur des 100 milliards de dollars, ainsi que le prévoit l’Accord de Paris». Selon la Banque mondiale, le Royaume a montré un intérêt actif dans la mobilisation de financements carbone. «Le Maroc est un faible émetteur de gaz à effet de serre (GES), mais son profil d'émission évolue rapidement. Les émissions par habitant s’élèvent à environ 2,2 tonnes de CO2 par habitant. L'énergie représente la moitié des émissions nettes de GES (50,9%), suivie par l'agriculture (32,5%) et l'industrie (5,9%)», note la Banque mondiale dans document d'étude de faisabilité d'un marché carbone au Maroc.
En 2015, la Banque mondiale a estimé à 300 millions de dollars, sous forme de don, le budget nécessaire à la création d'un marché carbone au Maroc. Le marché carbone regroupe l’ensemble des mécanismes d’échanges et de transactions des crédits de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils consistent à attribuer un prix aux droits à émettre des GES afin d’inciter des acteurs, États ou entreprises, à réduire leurs propres émissions en échangeant entre eux des «droits à polluer». Un «quota» correspond généralement à l’autorisation d’émettre une tonne d’équivalent de CO2 et constitue un étalon communément accepté pour les échanges, selon la définition donnée par les sites Internet spécialisés.