Salon international de l'agriculture de Meknès

Pas de décompensation en 2018

L’État continuera de subventionner le gaz butane et le sucre en 2018 et probablement même en 2019, en attendant la mise en place du registre social qui permettra de repérer les individus et les ménages les plus défavorisés pour recevoir des prestations sociales et des aides directes. Pour l'année prochaine, ce sont donc 13,02 milliards de DH qui sont mobilisés par le gouvernement afin de soutenir les prix du gaz butane, du sucre en plus de la farine de blé tendre.

La plus grosse part des crédits programmés pour la compensation en 2018 devra aller au gaz butane.

25 Octobre 2017 À 18:07

Finalement l’État continuera de subventionner le gaz butane et le sucre. Pas de décompensation envisagée pour ces produits en 2018, en attendant la mise en place de deux registres pour le ciblage des populations devant bénéficier des aides directes, dont des transferts monétaires. En effet, un registre national de la population est en cours de création pour conférer à chaque individu un numéro d’identification unique grâce auquel les procédures de vérification de l’identité seront facilitées. En outre, un registre social sera également lancé pour rassembler des informations sur la situation socio-économique des individus et des ménages afin de repérer ceux qui sont les plus défavorisés et qui remplissent les conditions pour recevoir des prestations sociales et des aides directes (les premières estimations portent sur environ 9,3 millions de personnes). Ce dernier dispositif aura pour effet de valoriser les dépenses sociales en réduisant les marges d’erreur et de favoriser une coordination accrue entre les différents programmes sociaux et ministères concernés. «Le projet relatif à la conception d’un registre social unique constituera une base de données nationales de la population vulnérable et pauvre, permettant de faire transiter dans le futur l’ensemble des aides sociales de manière plus ciblée au profit de la population éligible» souligne le ministère de l’Économie dans le rapport sur la compensation, accompagnant le projet de loi de Finances 2018. Seulement, la mise en place du cadre institutionnel et opérationnel du nouveau système d’identification prendra au moins 3 ans, selon des sources proches du dossier. Pour dire que l'État devrait continuer de subventionner ces deux produits en 2019 et même au-delà. 

Pour l'instant, ce sont donc 13,02 milliards de DH mobilisés pour l'année prochaine afin de soutenir justement les prix du gaz butane, du sucre, en plus de la farine de blé tendre. Sans surprise la plus grosse part de la subvention prévue en 2018 devra aller au gaz butane qui continue de coûter très cher à l’État. Déjà avec l’évolution des cours à l’international (une moyenne de 423 dollars la tonne en 2017 contre 358 dollars en 2016), les subventions de ce produit devront exploser cette année passant de 7,6 milliards en 2016 à 9,652 milliards, selon les dernières prévisions de la Caisse de compensation. Ainsi, la part subventionnée du gaz butane doit augmenter à 55% en 2017, contre 45% en 2016, à en croire le rapport accompagnant le projet de loi de Finances 2018. À noter que la consommation nationale du gaz butane a doublé par rapport à 2002 pour atteindre 2,26 millions de tonnes en 2016, avec un accroissement moyen annuel de 4,1%. Pour ce qui est du sucre, la facture devrait atteindre 3,5 milliards de DH cette année, contre 3,69 milliards en 2016. Quant à la farine nationale de blé tendre et le blé tendre, la charge de compensation est en nette baisse depuis 2011, passant de 3,36 milliards de DH à 1,08 milliard en 2016. 

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