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Rachid Talbi Alami veut se débarrasser de la Sonarges

Bras armé du ministère de la Jeunesse et des sports et acteur clé dans la gestion des infrastructures sportives, la Société nationale de réalisation et de gestion des stades (Sonarges), qui tient ce jeudi son conseil de surveillance, pourrait bientôt passer dans le giron de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). C’est en tout cas le souhait du ministre de la Jeunesse et des sports, Rachid Talbi Alami, qui veut se débarrasser d'une entreprise qui croule sous les dettes. Une décision qui risque de ne pas passer comme une lettre à la poste.

05 Juillet 2017 À 17:49

Il n’y a pas point de doute. Rachid Talbi Alami, ministre de la Jeunesse et des sports, veut se débarrasser une fois pour toutes de la Sonarges, qui accuse un déficit abyssal en raison de son modèle économique totalement en déphasage avec la réalité du secteur. Certes, il n’y a pas de chiffres exacts sur son endettement, mais certains avancent 50 millions de DH de déficit. Un montant qui a effrayé le nouveau ministre de la Jeunesse et des sports qui s’empresse de s’en débarrasser. La décision de faire passer un bien de l’état (la Sonarges est une société anonyme dont le capital est détenu à 100% par l’État marocain) à une association (la FRMF est une association d’utilité publique) suscite néanmoins la question sa légitimité juridique.

D’après Yahya Saïdi, expert en droit du sport, faire passer la Sonarges dans le giron de la FRMF est possible juridiquement, pourvu que les statuts de la Sonarges soient amendés de façon à ce que le ministère de la Jeunesse et des sports quitte le conseil de surveillance et soit remplacé par les décideurs de la FRMF, autrement dit, par Fouzi Lekjaa. La FRMF devra également supporter entièrement le passif de la société.

Quel est le bien-fondé d’une telle décision ?

On peut comprendre que le ministère de la Jeunesse et des sports veuille se débarrasser de cette société budgétivore qui n’a jamais réussi à assurer son autonomie financière. D’ailleurs, aucun de ses prédécesseurs n’est parvenu à régler ce problème. Ce qui reste difficile à comprendre, c’est pourquoi la FRMF, même si elle ne s’est pas encore exprimée là-dessus, veut assurer la gestion des stades avec toutes les dépenses que cela peut engendrer. Certes, la FRMF a impulsé une dynamique à la mise à niveau des infrastructures sportives, mais elle s’est toujours appuyée sur le ministère de l’Équipement qui possède l’expertise et le savoir-faire en la matière : cas du complexe Moulay Abdellah de Rabat, entièrement refait sous la supervision du ministère de l’Équipement après le scandale des inondations lors de la Coupe du monde des clubs 2014.

Mieux encore, la mission de la FRMF, telle qu'elle est stipulée dans ses statuts, ne prévoit pas la gestion des stades. Dans l’article 5 des statuts, intitulé «Objet de la FRMF», il est écrit que cette-ci peut «œuvrer pour le développement des infrastructures d’accueil du public et de la pratique du football en formulant des propositions et des actions de sensibilisation, en ce sens, aux autorités compétentes». Il n’est stipulé nulle part qu’elle peut gérer lesdites infrastructures. L’autre question qui se pose est celle du sort qui sera réservé aux employés de la Sonarges ? Seront-ils gardés au sein de la nouvelle structure ou seront licenciés ? 

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