Nation

La bataille d’El Hri, une épopée mémorable de l’histoire de la résistance nationale et une leçon de militantisme pour les générations montantes

14 Novembre 2019 À 18:31

La date du 13 novembre de chaque année constitue pour la mémoire collective marocaine une occasion pour se remémorer la bataille historique d’El Hri à Khénifra, durant laquelle les valeureux résistants du Moyen Atlas ont fait subir à l’occupant français une cuisante défaite. Menée par le vaillant militant Moha Ou Hammou Zayani, en compagnie des habitants de Zayane et des autres tribus avoisinantes, le 13 novembre 1914, la bataille héroïque d’El Hri reflète l’une des meilleures leçons de bravoure, de courage, de patriotisme et de dévouement au service de la Patrie, dont ont fait preuve les combattants marocains pour faire face aux visées expansionnistes sur le territoire national. Cette bataille, qui restera gravée à jamais dans la mémoire nationale comme l’un des événements phares de l’Histoire du Royaume, inspirera pour longtemps encore les générations montantes. Ainsi, les habitants de la province de Khénifra, avec à leur tête la famille de la résistance, commémorent, ce mercredi, le 105e anniversaire de cette glorieuse bataille menée par les résistants marocains contre les autorités du protectorat durant le début de la résistance armée. Au cours de la bataille d’El Hri, les forces coloniales ont subi une grande défaite et des pertes énormes aussi bien en armements qu’en vies humaines. Ainsi, l’armée d’occupation a recensé la perte de 580 soldats et 33 officiers, outre 176 blessés. Les valeureux combattants du Moyen Atlas se sont emparés d’une importante quantité d’armes des forces de l’occupation, dont 8 canons, 10 mitrailleuses et une grande quantité de fusils.

Cette bataille a été qualifiée de désastre par les colons français, vu le nombre élevé des morts et les lourdes pertes matérielles essuyées. Outre ces dégâts, et trois jours après la bataille d’El Hri, Feu Moha Ou Hammou Zayani, à la tête de 3.000 combattants, a fait face à un autre assaut des colons français dépêchés depuis les plaines du Tadla pour venir en aide aux soldats enclavés à Khénifra. Le général Guillaume, un des officiers qui ont pris part à l’assaut contre le Moyen Atlas, avait qualifié ce désastre colonial, dans un ouvrage intitulé «Les berbères marocains et la pacification de l’Atlas central (1912-1933)» de la plus grande défaite essuyée par l’armée française durant toute sa campagne en Afrique du Nord.r>La bataille d’El Hri a eu lieu dans un contexte où les forces d’occupation, ayant dominé ce que Lyautey appelait «le Maroc utile», ont envahi les régions est et ouest du Maroc à travers Taza (1914), avant de s’intéresser au Moyen Atlas et plus particulièrement Khénifra, l’objectif étant de resserrer l’étau autour de cette ville qui constituait un avant-poste pour la résistance. Les premières opérations de l’armée d’occupation visaient la ville de Khénifra en mai 1914, préparant ainsi le terrain pour l’occupation des régions avoisinantes, notamment le village d’El Hri, alors fief des tribus Zayane et le point de départ des attaques menées par les combattants du Moyen Atlas contre les troupes étrangères.

La résistance farouche des tribus Zayane a poussé l’occupant à confier la mission de repousser les attaques de la résistance aux plus hauts gradés de l’armée. Les combattants, dirigés par le héros Moha Ou Hammou Zayani, se sont rassemblés sur la rive est du Oued Chebouka à El Hri avant d’être attaqués par la force occupante qui ciblait des innocents sans défense.r>Par la suite, Moha Ou Hammou et ses hommes poursuivirent la lutte, attaquant l’occupant dans plusieurs autres secteurs et livrant d’autres batailles jusqu’à ce que le héros de l’Atlas tombe au champ d’honneur lors de la bataille de Taoujkalt, le 27 mars 1921. Il fut inhumé à Tamelaket, près de Taoujkalet, afin que sa tombe continue d’immortaliser le souvenir de cette bataille et de la lutte des résistants du Moyen Atlas qui restera à jamais gravé dans la mémoire nationale. 

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