03 Décembre 2019 À 12:45
C’est un fait. L’innovation est la condition sine qua non du développement socioéconomique des États. Fondamentalement, il s’agit d’un processus consistant à construire des idées nouvelles et créatives plus proches des besoins de l’humain et à acquérir un avantage compétitif. Ceci est vrai aussi dans le domaine de l’économie du savoir, de la formation et de l’éducation, qui sont à l’origine de la création de la valeur au sens large du terme. Ce qui ouvre de nouvelles perspectives sur les façons possibles de relever les grands défis éducatifs aujourd’hui et demain.r>Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a recommandé dans son rapport sur «l’enseignement supérieur à l’horizon 2030» de donner, entre autres, une impulsion nouvelle à l’innovation, à travers la conception d’une stratégie nationale de recherche, de concevoir une ingénierie innovante des filières de formation offerte et de développer et produire la recherche scientifique pour demeurer à l’écoute des besoins importants de la société en termes de croissance. r>Dans un entretien accordé au «Matin», Saaïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, affirmait que les universités «constituent un puissant moteur de l’innovation et du changement économique». Le ministre a, en outre, insisté sur la nécessité de doter les étudiants de compétences liées à l’esprit d’initiative, au travail de groupe et au sens entrepreneurial : «l’université est en train de former, aujourd’hui, une vraie élite qui jouera un rôle important dans les chantiers de réforme».r>Aujourd’hui, il est difficile de penser une transformation au vrai sens du terme du système pédagogique sans exploiter les TIC qui font, sans conteste, partie intégrante de l’économie de la connaissance. D’où l’urgence de les exploiter dès la base dans le processus d’apprentissage. L’enjeu est surtout d’améliorer ce monde en perpétuelle évolution. Les offres en faveur de la diffusion des connaissances assurée au travers de méthodes innovantes ne manquent pas. Des méthodes agiles qui ont en commun la volonté de répondre aux demandes et exigences de plus en plus nombreuses de la communauté étudiante et estudiantine.
Centre national des innovations pédagogiques et de l’expérimentation
Le Centre national des innovations pédagogiques et de l’expérimentation est rattaché au ministère de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Il a pour missions d’encourager et de développer les programmes de coopération technologique avec les entreprises ; d’encourager les projets de promotion, de développement et de maintenance des moyens didactiques. Autres impératifs : expérimenter les programmes et les méthodes d’enseignement et de formation, superviser la recherche et la documentation pédagogiques et en assurer la diffusion, promouvoir les technologies éducatives, les ressources multimédias et les techniques de communication, développer et d’expérimenter les techniques d’information et d’orientation scolaire et professionnelle et, enfin, élaborer des programmes de formation à distance par l’utilisation des nouvelles technologies de communication.
Programme GENIE
L’intégration de la nouvelle technologie dans le système éducatif marocain est une des priorités de toutes les politiques qui concernent ce secteur. C’est dans cette optique que le Maroc s’est doté, depuis 2005, du programme GENIE (Généralisation des technologies d’information et de communication dans l’enseignement au Maroc). Il s’agit d’un programme national mis en œuvre par le ministère de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique qui a pour objectif d’intégrer les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour améliorer l’accès et la qualité de l’éducation dans les écoles primaires et secondaires tout en favorisant l’innovation et la créativité et la transformation des pratiques d’enseignement et d’apprentissage. Le comité de pilotage du programme GENIE a dessiné les contours de son plan d’action pour la période 2019-2021. Il s’agit notamment d’équiper tous les établissements scolaires recensés jusqu’à 2018 ainsi que 7.000 établissements dans le monde rural en matériel informatique, à les connecter à Internet et à lancer le programme pilote concernant l’équipement de 36 établissements avec un ordinateur et un projecteur dans chaque classe.
Maroc Université Numérique
«Maroc Université Numérique» a été signé entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique marocain, France Université Numérique et l’ambassade de France. Il vise à mettre en place une plateforme Maroc en marque blanche opérée par France Université Numérique pour permettre aux universités marocaines de développer des MOOC (Cours en ligne massivement ouvert), des SPOC (Cours en ligne en petit groupe privé) ou toute autre forme de cours en ligne. Ce partenariat entend fédérer les projets des universités et écoles marocaines pour leur donner une visibilité internationale. Constitué de représentants du ministère de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de représentants des universités marocaines et de représentants du Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France, le Comité de pilotage de MUN assure la gouvernance de la plateforme. Il a pour mission, entre autres, d’accompagner le développement des formations tirant pleinement profit du levier numérique et accessibles au plus grand nombre, et d’inciter à placer le numérique et l’innovation au cœur du parcours étudiant et des métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Centre interactif digital
Initié en collaboration avec l’Agence américaine pour le développement international (USAID), le premier centre interactif digital au Maroc a pour mission de contribuer au transfert des connaissances de manière plus efficace au profit des entreprises et des étudiants et fournir un accès aux solutions à la pointe de la technologie, notamment un showroom virtuel, un laboratoire de recherche et de développement d’applications. Situé dans le campus de l’Université polytechnique Mohammed VI à Benguérir, le nouveau CID fournira la technologie, les solutions et les applications de RVA nécessaires à la transformation numérique croissante des secteurs académique, industriel, de l’éducation et de la formation professionnelle. Le centre devra accompagner la création de nouvelles startups et assister les entreprises industrielles dans leur transition numérique, conformément à la stratégie gouvernementale de transformation digitale et à l’industrie 4.0.