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La monnaie chinoise chute après les menaces de Trump

Plus de 7 yuans pour un dollar. La devise chinoise dévissait lundi face au billet vert, alimentant les spéculations sur un geste délibéré de Pékin pour soutenir ses exportations en pleine guerre commerciale avec l’Amérique de Donald Trump.

05 Août 2019 À 17:14

Sur le marché offshore, le yuan s’échangeait, lundi, à 7,0282 pour un dollar, en repli de 1,26% par rapport à vendredi, soit son niveau le plus faible depuis 2010. La monnaie de Pékin n’est pas entièrement convertible et la Banque centrale chinoise fixe chaque jour un taux pivot, qui s’inscrivait lundi à 6,9225 pour un dollar, en repli de 0,33% par rapport à vendredi. Mais les marchés jouaient le yuan à la baisse, le faisant tomber jusqu’à près de 7,11 pour un dollar en début de journée, avant un redressement laissant supposer que la banque centrale serait intervenue pour calmer les marchés. Le Président Donald Trump a fréquemment accusé Pékin de dévaluer artificiellement sa monnaie afin de soutenir ses exportations.

Après enquête, le Trésor américain s’est toutefois refusé plusieurs fois à accuser la Chine de manipuler sa devise. La Chine et les États-Unis sont engagés depuis plus d’un an dans un bras de fer commercial qui s’est traduit par l’imposition réciproque de droits de douane punitifs sur plus de 360 milliards de dollars d’échanges annuels. «Le gouvernement chinois peut être tenté d’autoriser une dépréciation supplémentaire du yuan pour soutenir sa croissance» au moment où les perspectives économiques du géant asiatique s’assombrissent du fait de la guerre commerciale, estime Ken Cheung, stratège à Mizuho Bank. Donald Trump a relancé jeudi la guerre commerciale contre Pékin, en annonçant son intention d’étendre des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations en provenance de Chine à compter du 1er septembre. Pékin cherche pourtant depuis 2015 à stabiliser la valeur de sa monnaie pour protéger ses réserves de change et empêcher des sorties importantes de capitaux.r>Les États-Unis reprochent à la Chine d’être largement responsable de leur énorme déficit commercial. Ils réclament à Pékin des réformes structurelles pour interdire par exemple les subventions aux entreprises publiques, les transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères et le «vol» de la propriété intellectuelle américaine. Ils exigent aussi l’achat de davantage de produits américains, notamment agricoles. 

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