Nation

Plaidoyer pour une définition précise des compétences des régions

Avec la régionalisation avancée, le périmètre des compétences des régions est voué au changement, notamment par rapport aux autres intervenants que sont l’État et les autres collectivités territoriales. C’est le constat unanime des participants à l’atelier organisé samedi sur le thème : «Les compétences des régions : un enjeu au cœur du processus de la régionalisation avancée».

22 Décembre 2019 À 19:24

À l’unanimité, les intervenants ont appelé à une meilleure définition des compétences attribuées à chaque région. C’est dire l’importance de cet axe dans le déploiement effectif et efficace de la régionalisation avancée. «Il est important aujourd’hui, pour accélérer le processus, de déterminer avec précision les compétences des régions. Ceci a d’ailleurs été rappelé plusieurs fois dans les messages de S.M. le Roi», précise Abdessamad Sekkal, président du Conseil de la région de Rabat-Salé-Kénitra. Le rôle de la région doit être dynamisé pour faire de cette entité un acteur porteur de développement intégré, dans le respect du principe de la complémentarité et la solidarité entre les parties prenantes, a-t-il précisé. Cette détermination des compétences des régions est un des leviers de la consécration effective du principe de libre administration. Les participants ont, par ailleurs, pointé du doigt les limites, notamment financières, faisant obstacle à l’action des institutions régionales et les empêchant de répondre aux besoins de la population. «La détermination des compétences des régions doit être accompagnée d’une mise à disposition de ressources financières pour leur permettre d’exercer leurs attributions», note Fatima El Hassani, présidente de la région de Tanger-Tétouan Al-Hoceïma. «Les attributions telles qu’elles sont définies, compétences propres, déléguées et communes, restent très larges. Le rôle des régions doit être identifié selon les priorités et pour les secteurs qui ont une relation direct avec le citoyen, comme la santé par exemple», a-t-elle ajouté. Autre élément soulevé par les intervenants, celui des projets programmés qui doivent prendre en considération les spécificités de chaque région et faire valoir le principe de la concertation, en vue de mettre en place un concept national durable de développement. Ils ont également insisté sur la nécessité d’agir dans le cadre d’une vision intégrée pour créer une synergie entre les attributions de l’État et des régions dans le but de réussir leur opérationnalisation. Les participants ont également appelé à ouvrir le chantier de la concordance entre le législatif et l’organisationnel au niveau des compétences octroyées aux différents secteurs ministériels en lien avec celles des régions. Sur ce chantier, les participants ont appelé à accélérer les actions entreprises pour déterminer les compétences des régions, notamment en coordination avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  En effet, participant au CNRA, Charlotte Lafitt, de l’unité de décentralisation, gouvernance multi-niveaux, investissement public et finance locale de l’OCDE, a rappelé que la véritable mise en œuvre du processus de la régionalisation avancée est relative à la répartition équitable des compétences entre les différentes régions au niveau national. Elle a par ailleurs plaidé pour la mise en place de nouveaux systèmes d’allocation équitable des ressources et de capacités et de partage d’expériences entre les régions. 

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