04 Mai 2020 À 23:01
Le coronavirus continue de faire des ravages dans le monde, en touchant chaque jour des milliers de nouvelles personnes. Alors que les hommes représentent la majorité des cas dans certains pays, mais une minorité dans d’autres, ils constituent systématiquement la majorité des décès. Selon une enquêté menée dans 35 pays par Global Health 50/50, un organisme indépendant de recherche relevant de l’«University College» de Londres au total, les hommes ont 50 % de plus de probabilité de mourir que les femmes du coronavirus. Les causes en sont à la fois biologiques et comportementales.r>«Les femmes ont des réponses immunitaires plus fortes et meurent moins de maladies infectieuses. En général, le corps des femmes repousse les envahisseurs bactériens et viraux plus rapidement que les hommes, et les vaccins fonctionnent également mieux pour les femmes que pour les hommes. Les hormones féminines, les œstrogènes, amplifient en effet le système immunitaire, tandis que les androgènes (comme la testostérone) et la progestérone ont tendance à le réfréner. Les chromosomes sexuels jouent également un rôle. Le chromosome féminin, X, possède plus de gènes associés à la fonction immunitaire et, comme les femmes ont deux chromosomes X alors que les hommes n’en ont qu’un, ces gènes sont plus nombreux à stimuler la défense de l’organisme. Les protéines détectant des virus tels que le Covid-19 sont en particulier codées sur le chromosome X d’où une réponse immunitaire plus rapide», souligne Khadija Moussayer, présidente de l’Association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS) dans une analyse de l’enquête. «Des études, chinoises en particulier, montrent que le coronavirus infecte l’organisme en se liant à une protéine à la surface de nos cellules dénommée ACE2 qui joue un rôle primordial dans la régulation de la tension artérielle). Or, ces protéines ont tendance à être plus élevés chez les hommes, surtout avec l’âge, que chez les femmes, ainsi que chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires et de diabète. Ces protéines sont nombreuses dans la cavité nasale, qui constitue de ce fait le point d’entrée principale de la pathologie, et disséminées dans tout l’organisme, ce qui explique notamment que, dans les cas graves, on ait à faire face à une défaillance multi-organique (poumons, cœur, vaisseaux sanguins, reins, système nerveux…). Ce qui fait des patients de sexe masculin, plutôt âgé et/ou diabétique, hypertendu et obèse, les plus à risque de développer une forme grave de la maladie», ajoute Dr Moussayer.