Économie

La recette pour empêcher l’effondrement du tourisme africain

Cinq organismes internationaux ont lancé un appel à la communauté internationale pour soutenir le secteur des voyages et du tourisme en Afrique. Ils préviennent que sans un financement d’urgence, la crise du Covid-19 va provoquer un effondrement de cette activité sur le continent, entraînant la perte de millions d’emplois. Ils proposent ainsi quatre moyens essentiels pour empêcher cet écroulement.

Ces organisations demandent aux institutions financières internationales, aux partenaires de développement des pays et aux donateurs internationaux de soutenir le secteur en cette période difficile.

07 Mai 2020 À 20:21

Le secteur des voyages et du tourisme en Afrique est au bord du gouffre. Cinq organismes internationaux ont lancé un appel urgent à la communauté internationale pour lui venir en aide. Il s’agit de l’Association du transport aérien international, l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies, le Conseil mondial du voyage et du tourisme, l’Association des compagnies aériennes africaine et l’Association des compagnies aériennes d’Afrique australe.r>L’enjeu est de taille. Sans financement d’urgence, la crise du Covid-19 va provoquer un effondrement de ce secteur en Afrique qui emploie quelque 24,6 millions de personnes, entraînant la perte de millions d’emplois, s’alarment-ils. Le secteur apporte 169 milliards de dollars à l’économie africaine, soit 7,1 % du PIB du continent, indiquent-ils dans un communiqué conjoint. « La situation est devenue critique ». Les compagnies aériennes, les hôtels, les gîtes, les chalets, les restaurants, les lieux de réunions et les entreprises connexes accumulent les pertes. Surtout que, notent-ils, typiquement, le secteur des voyages et du tourisme est formé de 80 % de petites et moyennes entreprises. Pour maintenir les liquidités, plusieurs d’entre elles ont déjà commencé à placer leur personnel en congé sans solde, selon la même source. Ces organisations unissent leurs voix pour demander aux institutions financières internationales, aux partenaires de développement des pays et aux donateurs internationaux de soutenir le secteur des voyages et du tourisme africain en cette période difficile essentiellement par quatre moyens.r>Le premier est une aide financière de 10 milliards de dollars pour soutenir l’activité et protéger les moyens de subsistance de ceux qui en dépendent directement et indirectement. Le deuxième moyen consiste en un accès à autant de subventions et d’aides au financement que possible, pour injecter des liquidités et assurer un soutien ciblé aux pays gravement touchés. Troisième moyen, prévoir des mesures financières susceptibles de réduire les perturbations en matière de crédit et de liquidités pour les entreprises du secteur. Ces mesures comprennent le report d’obligations financières existantes ou de remboursements de prêts. Le quatrième moyen proposé porte sur des mesures pour que tous les fonds soient dirigés immédiatement vers les entreprises qui en ont besoin d’urgence. Et ce, en allégeant autant que possible le processus de demande et en éliminant les obstacles normalement rencontrés dans le processus normal de prêt, comme la solvabilité. Les signataires de cet appel d’urgence ont relevé que, certes, certains gouvernements d’Afrique tentent de fournir un soutien ciblé et temporaire aux secteurs très durement touchés comme le voyage et le tourisme. Toutefois, font-ils remarquer, plusieurs pays n’ont pas les ressources nécessaires pour aider cette activité à traverser la crise et soutenir ses moyens de subsistance. 

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