01 Novembre 2020 À 16:58
Blé, riz, mil, sorgho, maïs… aucune des cultures emblématiques d’Afrique subsaharienne ne devrait être épargnée par l’impact du changement climatique. L’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui a consacré son dernier rapport au continent africain, rapporte que «le changement climatique menace de plus en plus la santé humaine, la sécurité alimentaire et hydrique et le développement socio-économique en Afrique». r>Comme partout ailleurs dans le monde, mais avec des amplitudes plus importantes, le dérèglement du climat se manifeste en Afrique par des sécheresses suivies d’inondations dévastatrices, l’augmentation des températures et du niveau des mers et des phénomènes climatiques extrêmes comme «le cyclone tropical Idai, qui a été l’un des cyclones tropicaux les plus destructeurs jamais enregistrés dans l’hémisphère sud», indique l’OMM qui dépend de l’ONU. Si la tendance mondiale de l’augmentation moyenne des températures est de 3°C (si rien n’est fait), le réchauffement pourrait être de 4°C pour l’Afrique. Dans ce scénario, le pire de l’OMM, une réduction du rendement moyen de 13% est prévue en Afrique de l’Ouest et centrale, de 11% en Afrique du Nord et de 8% en Afrique orientale et australe. Par culture, le riz et le blé devraient être les plus touchés avec une perte de rendement, d’ici 2050, de 12 et de 21%, respectivement. Un rapport de l’ONU de 2014 explique cette baisse : les variétés de céréales se développent bien à des températures comprises entre 15 et 20 °C, or la température moyenne annuelle en Afrique subsaharienne dépasse actuellement cette plage pendant la saison de végétation. À en croire le dernier rapport de l’OMM, les chutes des rendements impacteraient le produit intérieur brut (PIB) global du continent qui devrait diminuer de 2,25% à 12,12% à la même échéance. r>«L’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Est présentent un impact négatif plus important que l’Afrique australe et l’Afrique du Nord», souligne le rapport. En mars 2018, un rapport de la FAO indiquait que les catastrophes naturelles ont engendré, entre 2005 et 2015, des pertes agricoles de près de 96 milliards de dollars dans les pays en développement. L’Afrique arrive au deuxième rang avec 26 milliards de dollars.