11 Mars 2020 À 17:34
Le Matin : En tant que réalisateur du long métrage «The Punch», qu’est-ce qui vous a motivé à accepter le scénario de ce film ?r>Mohamed Amine Mounna : En vérité, ce qui m’a vraiment encouragé à réaliser ce film, c’est ma rencontre avec Rabii Glim qui est le scénariste et le principal rôle du film. Il y a eu un feeling entre nous depuis le départ. On s’est vite compris en langage cinématographique, on avait les mêmes idées et pensées. Ensuite, on m’a proposé l’idée du film «The Punch» qui parle de la boxe avec beaucoup de scènes de combat. D’autant que moi aussi j’aime beaucoup ce style de films. Donc, j’ai accepté et relevé le défi de mettre en images ces combats qu’on ne voit pas souvent dans les productions marocaines. Il était temps pour nous de laisser une empreinte dans ce genre.
Combien de temps vous a pris la préparation du film et l’entraînement sur ces combats ? r>Avant le tournage, il a fallu d’abord s’entraîner aux combats. Cela nous a pris trois semaines de répétitions pour faire des chorégraphies de boxe. Pour tourner des séquences de boxe, ce n’est pas aussi facile qu’il paraît. Car il fallait des chorégraphies exactes et crédibles. Il faut que dans l’image on voie que c’est un vrai combat avec des expressions, sans que personne ne soit touché. C’étaient comme des dialogues écrits. Je pense qu’on a réussi dans notre travail. Parce que pour avoir un Prix spécial du jury, il faut vraiment le mériter.
Parlez-nous un peu du casting du film. Était-il convaincant ?r>Le casting a été pour moi convaincant à 100%. J’ai longuement parlé avec le scénariste sur le choix des acteurs. Parce que quand le scénariste écrit son scénario, il imagine tous ses personnages, avec leur âge, d’où ils viennent, leur biographie, leurs tics… Comme j’ai beaucoup travaillé dans la télévision et que je vois beaucoup de films marocains, j’avais des idées sur la collaboration avec Tarik Boukhari, Sandia Tajeddine, Naïma Ilyas, Saïd Bey, Abdeslam Bouhssini (le frère de Rabii) : avec ce dernier j’ai beaucoup travaillé le foot, pendant deux semaines, pour avoir ce que je voulais.
Pourquoi avez-vous retenu le nom Rabii qui est le vrai nom de l’acteur ?r>J’ai fait exprès de garder son nom, parce qu’il a raconté des choses sur sa vie personnelle. Donc je voulais qu’il reste proche du personnage. Peut-être aussi que des gens vont le confondre avec Rabii le boxeur. Ce n’était pas notre objectif, mais c’est un plus pour le film.
L’enseignement qu’on retire de l’histoire du film est que toute personne peut recommencer à zéro et arriver à son objectif dans la vie, avec de la volonté et de l’ambition. Est-ce le message du film ?r>Celui qui recommence à zéro, même s’il tombe, il peut recommencer. Alors que celui qui commence grand et tombe, c’est difficile pour lui de se relancer. C’est de cette personne que je voulais parler pour lui donner l’espoir de revenir.
Une suite pour «Punch»
Le producteur du film, Nour Ayatallah, a annoncé qu’il y aura une deuxième partie du film. Allez-vous travailler sur ce sujet ?r>En effet, les gens ont aimé le film et souhaitent une suite pour «The Punch». Nous savons que l’industrie américaine a réussi de cette manière. Donc, nous allons utiliser le même procédé pour ce film. Mais notre devise, toute l’équipe, est d’offrir au public quelque chose de consistant, bien travaillé et bien réalisé. Pour cela, il faut écrire des scènes crédibles et bien construites.
Feedback du public
Comment avez-vous trouvé le feedback du public ?r>En vérité, j’ai été surpris. Pour une avant-première de mon premier long métrage dans le Festival national du film à Tanger, j’ai été un peu stressé. Mais cet encouragement du public et des professionnels me donne beaucoup de motivation pour donner plus.
Ma mère m’a beaucoup soutenu
On sait que votre mère a été pour quelque chose dans ce que vous êtes actuellement. r>Oui, c’est vrai, ma mère m’a beaucoup soutenu pour arriver à concrétiser ma passion qui est le cinéma. Je suis très proche d’elle et je lui raconte tout. Donc, quand je lui ai dit un jour que je voulais réaliser un court métrage, elle n’a pas hésité à vendre ses bijoux en or pour me le produire. Elle a répondu à tous les besoins du film. Je la remercie de tout mon cœur.
Synopsis du film
Rabii, un jeune chômeur issu d’un milieu défavorable, rencontre Mustapha, un ancien boxeur raté à cause de sa dépendance à l’alcool. Mustapha essaye de convaincre Rabii de devenir «une légende» de la boxe, rêve que Mustapha n’a pas pu concrétiser… L’histoire raconte tout un ensemble d’événements campés avec talent par Sandia Tajeddine, Rabii Glim, Naïma Ilyas, Tarik Boukhari, Saïd Bey, Abdesslam Bouhsini, Dabcha Kharbouchi, Nabil Mansouri, Nasser Akabab, Jalal Bouftayem et Mohamed Taoussi.