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Après le mélanome, la Russie étend son programme de vaccins thérapeutiques à trois nouveaux cancers

Quelques mois après avoir administré les premières doses de son vaccin personnalisé contre le mélanome, la Russie poursuit son programme d'immunothérapie anticancéreuse. Les chercheurs du Centre national de recherche en épidémiologie et microbiologie Gamaleïa ont annoncé leur intention de développer des vaccins thérapeutiques contre le cancer de la vessie, le cancer du poumon à petites cellules et le cancer colorectal. Cette annonce marque une nouvelle étape dans un programme qui mise sur la médecine personnalisée et les technologies à ARN messager pour compléter les traitements classiques contre le cancer.

05 Août 2026 À 10:10

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Connu pour avoir développé le vaccin Spoutnik V contre la Covid-19, le Centre national russe de recherche en épidémiologie et microbiologie Gamaleïa poursuit désormais ses recherches dans le domaine de l'oncologie. Son directeur scientifique, Alexandre Guintsbourg, a annoncé ce lundi à l'agence de presse RIA Novosti que les chercheurs prévoyaient de développer trois nouveaux vaccins thérapeutiques contre le cancer de la vessie, le cancer du poumon à petites cellules et le cancer colorectal. Cette annonce intervient quelques mois après le lancement, en Russie, des premiers traitements expérimentaux contre le mélanome, premier cancer ciblé par cette technologie.

À la différence des vaccins préventifs, ces traitements sont administrés à des patients déjà atteints d'un cancer, affirme l'expert russe. Ils reposent sur le principe de l'immunothérapie personnalisée, qui consiste à stimuler le système immunitaire afin qu'il reconnaisse et élimine plus efficacement les cellules cancéreuses.

Le traitement commence par le prélèvement d'un échantillon de la tumeur ainsi que d'un échantillon de tissu sain du patient. Les chercheurs procèdent ensuite au séquençage génétique des deux prélèvements afin d'identifier les mutations propres aux cellules cancéreuses. À partir de ces informations, des algorithmes sélectionnent les protéines tumorales, appelées néo-antigènes, les plus susceptibles de provoquer une réponse immunitaire. Ces analyses permettent aux chercheurs de concevoir un vaccin à ARN messager (ARNm) adapté aux caractéristiques génétiques de la tumeur de chaque patient.

Le programme russe est actuellement le plus avancé dans le traitement du mélanome, une forme particulièrement agressive de cancer de la peau. Les premiers patients ont commencé à recevoir un vaccin thérapeutique personnalisé en 2026 dans le cadre d'un protocole clinique. Selon Alexandre Guintsbourg, les prochaines étapes consisteront à adapter cette même technologie au cancer de la vessie, au cancer du poumon à petites cellules et au cancer colorectal. Il a également indiqué que les chercheurs avaient déjà mis au point un prototype destiné au cancer du poumon non à petites cellules, la forme la plus fréquente de cancer pulmonaire.

Le choix de ces trois cancers répond à des enjeux médicaux importants. Le cancer colorectal figure parmi les cancers les plus diagnostiqués dans le monde et reste une cause majeure de mortalité malgré les progrès des traitements. Le cancer du poumon à petites cellules, qui représente environ 10 à 15 % des cancers pulmonaires, est réputé pour sa progression rapide et son fort potentiel métastatique. Quant au cancer de la vessie, il se caractérise par un risque élevé de récidive, obligeant les patients à un suivi médical régulier pendant plusieurs années.

À ce stade, les trois nouveaux vaccins annoncés n'ont pas encore atteint le stade des essais cliniques. Le directeur scientifique a présenté ces cancers comme les prochaines priorités du programme de recherche, sans préciser le calendrier de leur développement ni celui des futures études sur l'homme.

La Russie n'est toutefois pas seule à explorer cette voie, les vaccins thérapeutiques à ARN messager figurant aujourd'hui parmi les principaux axes de recherche en oncologie. Des laboratoires et centres de recherche, notamment aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni, développent également des traitements personnalisés contre le mélanome, le cancer du pancréas, certains cancers du poumon ou encore des cancers du rein. L'objectif est le même : utiliser les caractéristiques génétiques propres à chaque tumeur pour renforcer la réponse immunitaire et améliorer l'efficacité des traitements existants.
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