Saloua Islah
05 Mai 2026
À 10:45
Le
MV Hondius, un navire de croisière d’expédition spécialisé dans les voyages en zones reculées, avait quitté Ushuaïa le
1er avril 2026, à l’extrême sud de l’Argentine, pour une traversée de l’Atlantique Sud. À son bord se trouvaient
147 personnes, dont 88 passagers et 59 membres d’équipage issus de 23 nationalités.
C’est au cours de cette traversée que
les premiers cas d’hantavirus sont signalés. Le 6 avril, un passager présente des symptômes initiaux, notamment de
la fièvre, des maux de tête et une diarrhée légère. Dans les jours qui suivent, son état se dégrade rapidement et évolue vers une détresse respiratoire sévère.
Il décède le 11 avril à bord, sans qu’un test microbiologique n’ait été réalisé à ce stade, ce qui ne permet pas alors d’identifier précisément l’origine de l’infection.
Dans les jours suivants, plusieurs cas similaires sont signalés. Une passagère, identifiée comme
contact proche, est évacuée puis décède en Afrique du Sud. Un autre passager est actuellement hospitalisé en soins intensifs après
confirmation de l’infection. Une quatrième personne est décédée le 2 mai après avoir développé
une pneumonie.
Au total, selon l’
OMS, sept cas ont été recensés au 4 mai, dont deux confirmés en laboratoire et cinq suspectés, avec
trois décès, un patient dans un état critique et plusieurs personnes encore symptomatiques à bord.
C’est cette succession de cas graves qui a conduit les
autorités cap-verdiennes à refuser l’accès au port de Praia, maintenant le navire en mer pendant plusieurs jours.
Le navire bloqué pour hantavirus autorisé à accoster en Espagne
Une solution a finalement été trouvée pour le navire. D’après les déclarations de
Maria Van Kerkhove, directrice par intérim de la préparation et de la prévention des épidémies à l’Organisation mondiale de la santé, le plan actuel prévoit que le bateau se dirige
vers les îles Canaries. Les autorités espagnoles ont indiqué qu’elles accepteraient son accostage afin de mener
une enquête complète et d’évaluer les risques pour les passagers et l’équipage.
L’OMS apporte toutefois un élément de clarification important sur la nature de la maladie. L’hantavirus est
une infection virale transmise principalement par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés, ou encore par des surfaces contaminées. Les symptômes apparaissent généralement entre
une et huit semaines après l’exposition. Ils commencent par de
la fièvre, des frissons, des douleurs musculaires ou des troubles digestifs, avant de pouvoir évoluer vers une
détresse respiratoire aiguë dans les formes les plus graves.
À ce stade, l’origine de la contamination à bord n’est pas encore établie. L’
OMS indique que l’exposition pourrait être liée à un contact avec la faune locale lors des escales dans des zones isolées ou avant l’embarquement en Argentine, une hypothèse encore en cours d’examen.
L’organisation rappelle par ailleurs que ce type d’infection
reste rare à l’échelle mondiale. En 2025,
229 cas ont été signalés dans les Amériques, dont 59 décès. En Europe, 1.885 cas ont été enregistrés en 2023.
Le taux de mortalité varie selon les régions et les formes du virus, allant de moins de
1% à 15% en Europe et en Asie, jusqu’à près de
50% dans les Amériques.Il n’existe ni traitement antiviral spécifique ni vaccin. La prise en charge repose essentiellement sur des soins de soutien, notamment en soins intensifs pour les cas graves.
Dans ce contexte, l’OMS indique que
le risque pour le grand public est faible. Contrairement à la grippe ou au Covid-19, l’hantavirus ne se transmet pas facilement entre humains. Les rares cas de transmission nécessitent des contacts étroits et prolongés.
Les investigations se poursuivent pour comprendre l’origine exacte du foyer, tandis que les passagers restent sous surveillance médicale dans l’attente de leur prise en charge aux Canaries.