Saloua Islah
20 Mai 2026
À 14:33
L’Organisation mondiale de la santé a lancé ce mercredi une nouvelle alerte sur
l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement
l’est de la République démocratique du Congo ainsi qu’une partie de
l’Ouganda. Lors d’un briefing de presse organisé à Genève en marge de la 79e Assemblée mondiale de la santé, le directeur général de l’OMS
, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé que le virus circulait probablement depuis près de deux mois avant même d’être officiellement détecté par les autorités sanitaires.
Selon les chiffres dévoilés par l’organisation onusienne, près de
600 cas suspects et
139 décès suspects ont déjà été recensés dans les zones touchées. Pour l’instant
, 51 cas ont été confirmés en laboratoire en République démocratique du Congo, auxquels s’ajoutent
deux cas confirmés dans la capitale ougandaise Kampala.
L’OMS estime désormais que l’ampleur réelle de l’épidémie est probablement beaucoup plus importante que les données officiellement confirmées. L’organisation explique que
la propagation du virus est restée invisible pendant plusieurs semaines, notamment à cause d’un retard dans l’identification des premiers cas et des difficultés liées aux analyses médicales sur le terrain.
Anais Legand, chargée du suivi scientifique des menaces virales au sein de l’OMS, a indiqué que les investigations sont toujours en cours afin de déterminer précisément quand et où l’épidémie a commencé, tout en reconnaissant que le virus circulait probablement « depuis quelques mois ».
Le virus concerné est
la souche Bundibugyo, une variante rare d’Ebola particulièrement surveillée car il n’existe actuellement aucun vaccin homologué spécifique contre cette forme de la maladie. L’OMS précise également que
les capacités de dépistage restent limitées dans plusieurs régions touchées, ce qui complique encore davantage le suivi des contaminations.
Les autorités sanitaires internationales craignent désormais
une aggravation rapide de la situation. Plusieurs cas ont déjà été signalés dans des zones urbaines et parmi des personnels de santé, signe d’une transmission active au sein même des structures médicales. Les experts de l’OMS soupçonnent également un événement
« super-propagateur », probablement lors de funérailles ou dans un établissement de santé, qui aurait accéléré la diffusion du virus dans certaines localités.
Le contexte sécuritaire dans l’est de la RDC complique fortement les opérations sanitaires. Certaines zones affectées restent sous l’influence de groupes armés, ce qui rend difficile
le déploiement des équipes médicales et
le transport du matériel sanitaire. Les mouvements importants de population entre la RDC et l’Ouganda alimentent également les craintes d’une propagation régionale plus large.
Face à cette situation, l’OMS a officiellement classé cette flambée comme
une urgence de santé publique de portée internationale. Le directeur général de l’organisation a toutefois précisé que le risque mondial reste pour l’instant considéré comme faible malgré un niveau de menace élevé aux échelles nationale et régionale.
Les chercheurs travaillent actuellement sur plusieurs
vaccins expérimentaux qui pourraient être utilisés contre cette
souche Bundibugyo, mais l’OMS prévient que leur développement pourrait nécessiter encore
entre trois et neuf mois. En parallèle, les États-Unis ont annoncé une première aide d’environ
13 millions de dollars destinée à soutenir la riposte sanitaire et l’ouverture de plusieurs centres de traitement dans les régions touchées. L’Afrique du Sud a également promis une contribution financière pour soutenir les opérations d’urgence.