LE MATIN
13 Mai 2026
À 11:25
"Plus de dix semaines après le début de la
guerre au Moyen-Orient, les pertes croissantes d'approvisionnement dans le
détroit d'Ormuz épuisent les
stocks mondiaux de pétrole à un rythme record", souligne
l'Agence internationale de l'énergie dans son rapport mensuel sur les
marchés pétroliers.
Les stocks mondiaux observés ont diminué de 250 millions de barils sur mars et avril, soit un rythme de 4 millions de barils par jour, selon l'AIE.
"La diminution rapide des
réserves de pétrole dans un contexte de perturbations persistantes pourrait annoncer de futures
flambées de prix", ajoute-t-elle.
Dans le détail,
l'offre mondiale de pétrole a encore diminué de 1,8 million de barils par jour (mb/j) en avril pour atteindre 95,1 mb/j, portant les pertes totales depuis le mois de février à 12,8 Mb/j.
En partant du scenario d'une reprise progressive des flux transitant par le
détroit d'Ormuz à partir de juin, l'offre mondiale de pétrole devrait diminuer en moyenne de 3,9 mb/j en 2026, pour s'établir à 102,25 mb/j.
Cela représente une perte de 5,9% par rapport aux estimations d'avant-guerre (108,6 mb/j selon le rapport de février, NDLR), a indiqué l'AIE à l'AFP.
Déclenchée le 28 février par l'offensive des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, la
guerre au Moyen-Orient paralyse environ 20% du
commerce mondial de gaz et de pétrole en raison du blocage par Téhéran du très stratégique détroit d'Ormuz.
Face aux pénuries localisées, notamment en Asie, très dépendante des importations d'Ormuz, des gouvernements imposent déjà des mesures de réduction de la consommation.
La
demande mondiale de pétrole devrait se contracter de 420.000 barils par jour en glissement annuel en 2026, pour atteindre 104 millions de barils par jour, soit 1,3 mb/j de moins que les prévisions d'avant-guerre.
Si la demande pourrait renouer avec la croissance vers la fin de l'année dans l'hypothèse d'un
accord de paix, l'offre devrait se redresser plus lentement, estime l'AIE.
En conséquence, les
marchés pétroliers devraient rester "en déficit jusqu'au dernier trimestre de l'année", indique l'Agence de l'énergie de l'OCDE qui prévient qu'"une nouvelle
volatilité des prix semble probable à l'approche de la période de pointe de la demande estivale", marquée par les départs en vacances.