Les
prix du pétrole oscillent désormais autour du seuil symbolique des 100 dollars avec la perspective de la réouverture du
détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% de l'offre mondiale. Vers 15H45 GMT, le
Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, cédait 7,28% à 101,87 dollars, peu après avoir dégringolé de plus de 10%. Le
WTI américain retombait à 95,07 dollars le baril (-7,04%).
Augmentant d'un coup la pression sur l'Iran,
Donald Trump a menacé mercredi de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si les
dirigeants iraniens ne concluaient pas d'accord avec les
Etats-Unis. Le président américain et son administration cherchent une issue à ce conflit impopulaire auprès de l'opinion publique.
En parallèle, selon le site américain Axios, "deux responsables américains et deux autres sources informées du dossier" ont fait état "d'un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin à la
guerre et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus détaillées". Les États-Unis attendraient des réponses de
Téhéran dans les 48 prochaines heures.
"Les sources qui ont dit que l'accord était proche sont considérées comme crédibles" par les marchés, de quoi supplanter "les menaces d'escalade", estime
Charlotte de Montpellier, économiste d'
ING interrogée par l'AFP.
Pour
Daniela Hathorn, analyste chez
Capital.com, il s'agit "sans doute du moment où les deux parties se sont le plus rapprochées d'une résolution depuis le début du conflit". Et ce, "même en l'absence d'un accord entièrement détaillé".
Le Premier ministre pakistanais
Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit entre l'
Iran et les
Etats-Unis et
Israël, a par ailleurs déclaré mercredi avoir "bon espoir" que la dynamique actuelle dans le détroit d'Ormuz conduise à la paix au Moyen-Orient.
"Les espoirs d'un accord (...) ont contribué à éloigner le marché des scénarios extrêmes de perturbation de l'offre" mondiale de brut, résume
Patrick Munnelly, de
Tickmill Group.
Trump avait déjà annoncé mardi la suspension de son
"projet Liberté" d'escorte de navires dans le détroit d'Ormuz, le temps de voir si un accord pouvait être "finalisé" avec l'Iran, après de "grands progrès", selon lui, en vue d'une reprise des négociations.
Les Bourses mondiales optimistes L'évolution de la situation au
Moyen-Orient "a atténué le récit de choc inflationniste et soutenu les actions mondiales", relève M. Munnelly.
L'Europe bénéficie plus particulièrement de la réduction de la
prime de risque géopolitique: "le
marché européen est beaucoup plus dépendant en terme d'énergie, et donc plus dépendant des nouvelles autour du détroit d'Ormuz", rappelle Charlotte de Montpellier.
Sur le Vieux continent, l'indice du
CAC 40 à
Paris a terminé en forte hausse de 2,94%, le
DAX à
Francfort a gagné 2,12%,
Londres 2,15% et
Milan 2,35.
A Wall Street, vers 15H45 GMT, le
Dow Jones gagnait 1,08%, l'indice
Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 1,45% et l'indice élargi S&P 500 avançait de 1,09%.
"Bien que les actions américaines +sous-performent+ l'Europe mercredi, elles semblent mieux positionnées à long terme grâce à des résultats solides", note
Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez
XTB.
Le fabricant américain de semi-conducteurs Advanced Micro Devices (AMD) était ainsi applaudi pour ses résultats trimestriels supérieurs aux attentes et ses prévisions jugées encourageantes. Son titre s'envolait de 17,55% vers 15H45 GMT.
Dans l'ensemble aux Etats-Unis, "la saison des résultats est absolument remarquable au niveau du secteur de la technologie", souligne Mme de Montpellier.
Détente sur le marché des tauxLa détente s'observait également sur le
marché de la dette des Etats, avec une baisse des rendements obligataires "à mesure que les inquiétudes inflationnistes liées à l'énergie commencent à s'atténuer", note Daniela Hathorn.
Le rendement du "Bund", le taux d'emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, repassait sous le seuil des 3% (2,99%) contre 3,06% la veille. Le recul de son équivalent français était tout aussi net (3,62% contre 3,71% la veille).
Les rendements britanniques à 10 ans repassaient pour leur part sous les 5% (4,93% contre 5,06% mardi).