AFP
29 Avril 2026
À 16:38
Le conflit, déclenché le 28 février par une
attaque israélo-américaine contre
Téhéran, a fait des milliers de morts, principalement en
Iran et au
Liban, et ses répercussions continuent de secouer
l'économie mondiale.
Les craintes d'un blocage prolongé du
détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce des hydrocarbures, ont provoqué mercredi une nouvelle hausse des
cours du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord montant à 117 dollars, son plus haut niveau depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril.
Selon un haut responsable de la
Maison Blanche,
Donald Trump a évoqué la possibilité que le
blocus des ports iraniens se prolonge "pendant plusieurs mois" pendant une réunion avec des dirigeants du
secteur pétrolier.
Dans ces conditions, les analystes redoutent une poursuite du verrouillage du détroit par Téhéran. "Cela suggère une impasse prolongée: les combats sont largement arrêtés, mais aucune solution durable n'émerge, et le trafic dans le détroit d'Ormuz reste incertain", expliquent Helge André Martinsen et Tobias Ingebrigtsen, chez DNB.
Une
flambée des prix de l'énergie qui menace de jeter plus de 30 millions de personnes dans la pauvreté à travers le monde, a averti dans un entretien à l'AFP l'administrateur du
Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Les
conséquences économiques se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale, le rial, a atteint un plus bas face au dollar depuis l'avènement de la République islamique en 1979, selon plusieurs sites de suivi des changes. Et dans la capitale, certains affichent leur fatalisme.
"L'idée de revivre la
guerre est terrifiante, mais nous n'avons pas non plus d'espoir quant à l'issue des
négociations", confie à l'AFP Ali, un architecte de 52 ans, joint par une journaliste de l'AFP à Paris.
"Ils partent négocier et reviennent avec encore plus de sanctions, et les discussions portent toujours sur le
nucléaire : on ne parle jamais des gens, de l'économie ou de la liberté", ajoute-t-il, alors que son pays est sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.
Si la trêve a été prolongée sine die,
l'Iran et les
Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au
Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril.
Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé
Donald Trump sur son réseau Truth social.
Les Etats-Unis affichent leur scepticisme sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit d'Ormuz.
Selon un article du site américain Axios, relayé par l'agence officielle iranienne Irna, l'offre de Téhéran repousserait à une date ultérieure les discussions sur le dossier nucléaire.
Mais ce sujet reste central pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent la République islamique de vouloir se doter de la
bombe atomique - ce qu'elle dément.
Selon le Wall Street Journal (WSJ), le président américain estime via son blocus pouvoir forcer Téhéran à suspendre
l'enrichissement de l'uranium pendant 20 ans, puis à accepter de strictes restrictions par la suite.
Il considère "que ses autres options - reprendre les bombardements ou se retirer du conflit - comportaient plus de risques que le maintien du blocus", selon des responsables américains cités par le WSJ.
L'Iran fustige de son côté les exigences "irrationnelles" de Washington et réaffirme régulièrement son droit inaliénable au
nucléaire civil, tout en jugeant "négociable" le taux d'enrichissement.
Sur le front libanais, Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux personnes, dont un militaire, ont été tuées mercredi dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du pays, selon l'armée libanaise. La veille, des bombardements avaient fait 19 morts.
Le président Joseph Aoun a appelé Israël à "pleinement mettre en oeuvre" le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril, avant toute négociation.
Dans un Liban plongé depuis des années déjà dans une grave crise économique, le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti que 1,2 million de personnes (pour une population comprise entre 4 et 5 millions d'habitants) étaient menacées d'insécurité alimentaire aiguë.
Aux Etats-Unis, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a lui commencé à s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit.