"Notre travail n'est pas terminé", a averti le patron de l'
OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol
Pedro Sánchez à Madrid au lendemain de la fin des opérations d'évacuation du
navire de croisière MV Hondius, qui a repris lundi soir la direction des Pays-Bas depuis les Canaries, avec une partie de son équipage encore à bord.
"Compte tenu de la longue période d'incubation du virus (...) d'autres cas" pourraient apparaître dans les semaines à venir, a-t-il martelé, disant "espérer" mardi que les pays suivront "les conseils et les recommandations" de l'OMS dans la
lutte contre l'hantavirus.
Les occupants du bateau évacués sont des ressortissants d'une vingtaine de pays différents.
"L'
OMS dispose de directives claires", a-t-il rappelé avant d'évoquer "la question de la souveraineté" nationale.
"Nous ne pouvons pas contraindre les pays à appliquer nos protocoles. Nous pouvons seulement conseiller et recommander", a-t-il poursuivi.
"La recommandation de l'
OMS est qu'elles (les personnes évacuées) soient suivies activement, dans un centre de quarantaine désigné ou à domicile, pendant 42 jours à compter de la dernière exposition, qui est le 10 mai, ce qui nous amène au 21 juin", a-t-il détaillé.
"Je comprends parfaitement que la population de
Tenerife ait pu être préoccupée par le débarquement, sur ses côtes", a-t-il dit.
"Le risque est faible, tant pour la population de Tenerife qu'à l'échelle mondiale, et tous nos efforts au cours de la semaine écoulée ont visé à le maintenir à ce niveau", a-t-il ajouté, disant prendre "la situation très au sérieux".
De son côté, le Premier ministre espagnol a salué la réussite de cette opération: "le monde n'(avait) pas besoin de plus d'égoïsme, ni de plus de peur", a-t-il lancé, une allusion aux réticences de certains en Espagne, et en particulier aux Canaries, qui refusaient d'accueillir le navire pour procéder à son évacuation.
"Ces derniers jours, nous avons entendu de nombreux représentants publics se demander pourquoi le pays africain du Cap-Vert n'accueillait pas l'opération", a rappelé le chef du gouvernement, faisant référence sans le citer au président régional des
Canaries notamment.
"Mais pour nous, il était clair que ce n'était pas la question, que la vraie question en était une autre (...) Pourquoi ne viendrions-nous pas en aide à ceux qui en ont besoin si nous en avons les moyens ?", a-t-il ajouté.
Le navire, reparti lundi soir avec une partie de son équipage, est attendu aux
Pays-Bas, mais pas avant dimanche soir.