LE MATIN
18 Mai 2026
À 11:35
L’organisation souligne que les effets restent inégaux selon les régions mais pourraient s’aggraver en cas d’escalade du conflit. Au
Moyen-Orient, les heures de travail devraient reculer de manière prolongée, jusqu’à 10,2 % dans un scénario de forte escalade, soit une baisse plus de deux fois supérieure à celle observée durant la
pandémie de
Covid-19 en 2020.
Invité de «L’Info en Face», El Mehdi Fakir, analyste économique et financier, expert-comptable et commissaire aux comptes, estime que le Maroc ne devrait pas s’orienter, à ce stade, vers une loi de Finances rectificative malgré la flambée des prix de l’énergie et les tensions persistantes au Moyen-Orient. Selon lui, les mécanismes d’ajustement budgétaire, les subventions ciblées et les marges de manœuvre encore disponibles permettent d’absorber le choc à court terme. Mais l’expert met en garde contre des risques plus profonds : inflation durable, déficit commercial structurel, épuisement du pouvoir d’achat, dépendance énergétique et insuffisance d’une véritable gestion globale des risques.
Environ 40 % des emplois de la région sont concentrés dans des secteurs fortement exposés, notamment la
construction, la
manufacture, les
transports, le
commerce et l
’hôtellerie, les travailleurs migrants devant supporter une part disproportionnée de l’ajustement du
marché du travail.
En
Asie et dans le
Pacifique, la dépendance à l’énergie importée et aux migrations liées aux pays du
Golfe provoque déjà des effets de contagion dans plusieurs économies clés. Les heures de travail devraient y diminuer de 0,7 % en 2026 puis de 1,5 % en 2027, tandis que les revenus réels du travail pourraient baisser respectivement de 1,5 % et 4,3 %.
Quelque 22 % des travailleurs de la région exercent dans des secteurs fortement exposés, comme l’
agriculture, les transports, la manufacture et la construction, alors que les économies dépendantes du tourisme subissent une pression croissante.
Le rapport met également en garde contre l’affaiblissement des migrations de travail et des transferts de fonds, considérés comme un filet de sécurité essentiel pour de nombreux ménages d’
Asie du Sud et du Sud-Est. Depuis le début de la crise, les recrutements vers les pays du
Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont fortement reculé dans plusieurs pays d’origine, tandis que les rapatriements augmentent sous l’effet des perturbations aériennes, des préoccupations sécuritaires et du ralentissement de la demande dans la construction, l’hôtellerie et les transports.
Les flux de transferts de fonds commencent déjà à montrer des signes de contraction dans certains pays. "Si la crise perturbe à la fois les recrutements et les flux de
transferts de fonds, les effets pourraient s’étendre à la consommation, à la pauvreté et à l’emploi local dans les pays d’origine", avertit l’OIT.
L’organisation estime que les réponses politiques engagées jusqu’ici restent fragmentées et souvent limitées par un espace budgétaire réduit. Les mesures adoptées se concentrent principalement sur des dispositifs de court terme tels que les subventions à l’énergie, les transferts monétaires, le soutien aux entreprises et certaines mesures administratives en faveur des travailleurs migrants.
L’OIT appelle à des réponses davantage centrées sur l’emploi et les revenus afin d’éviter qu’un choc énergétique temporaire ne se transforme en recul durable du travail décent. Elle recommande de cibler prioritairement les travailleurs de l’
économie informelle, les
migrants, les
réfugiés et les
petites entreprises, tout en conciliant stabilité macroéconomique et protection de l’emploi.