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La France en quête d'explications face au chaos, nouvelles tensions à Paris 

La France cherche des explications et des responsables au lendemain du chaos semé dans les principales villes de France en marge de la mobilisation contre la "vie chère" samedi et qui se prolongeait encore dimanche à Paris avec de nouvelles vives tensions et images de pillage.

18 Octobre 2026 À 17:06

La CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déployée pour le deuxième jour d'affilée à Paris, selon une source proche du dossier. Elle est "engagée place de la République", où des tensions sont en cours, avec des affrontements entre plusieurs centaines de personnes et les forces de l'ordre.

Des actions de pillage ont également repris dans ce secteur, avec un magasin de vêtements concerné, selon des images de télévision.

A six mois de la présidentielle, les pillages, affrontements avec les forces de l'ordre et destructions qui ont déferlé jusque tard dans la nuit de samedi à dimanche ont aussi fait ressurgir le débat brûlant sur les failles du maintien de l'ordre, dénoncées notamment par les maires de Paris, Marseille (sud) ou Limoges (centre-ouest), trois villes particulièrement secouées.



Plus de 30.000 pilleurs ont été dénombrés samedi à Marseille.

Sous pression, le président Emmanuel Macron doit s'adresser aux Français à 20H00 (18H00 GMT), au lendemain d'une journée de "la colère" lycéenne et sociale qui s'est soldée par quelque 2.000 interpellations et 600 blessés dans les rangs policiers.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, dont la démission est réclamée à gauche et à l'extrême droite, s'exprimera dans la foulée.

Mairies attaquées, magasins saccagés, rues jonchées de débris... Dans les nombreuses villes touchées par les violences, l'heure était au bilan, à la désolation et parfois à la colère. "C'est lamentable, effarant, des meutes de jeunes qu'on a vues hier ici, qui pillent, qui cassent en toute impunité", a déploré Cécile Rogue, 57 ans, à Paris.

Même sentiment devant la mairie de Limoges, dévastée par les flammes samedi. "Mes enfants se sont mariés ici, ça fait mal au coeur", confie Jean-Louis, un riverain retraité. "On peut avoir des revendications sans tout casser".

Des volontaires sont venus spontanément aider à déblayer les rues de centre-ville jonchées de débris, pour conjurer leur impuissance. "Je me suis levée ce matin, (...) j'avais pas de mots et je voulais me sentir utile", explique Clémentine, 47 ans, croisée à Lyon.

- Record d'interpellations à Paris -

Au total, 1.500 commerçants touchés dans le pays, des centaines de millions d'euros de dégâts, a évalué la Fédération du commerce et de la distribution.

À Saint-Etienne (centre-est), un manifestant a eu la main arrachée par une grenade policière, selon une source proche du dossier. Et à Mulhouse, la police des police a été saisi après qu'une jeune femme a perdu un oeil.

À Paris, 855 personnes ont été interpellées samedi, un "chiffre record", a annoncé dimanche la préfecture de police (PP). Plus de 550 personnes sont en garde à vue, selon le parquet de Paris.

Une personne, qui manifestait dans la capitale, est décédée à la suite d'un malaise, sans lien avec les violences ou une quelconque action des forces de l'ordre, selon les autorités.

Des symboles de la République ont été attaqués : à Marseille (sud), Lille (nord), Angers (ouest) et Bordeaux (sud-ouest), des manifestants ont fait irruption dans des mairies ou des préfectures pour les vandaliser. À Lyon, une antenne de l'office de tourisme a été incendiée.

A Limoges (centre-ouest), c'est l'Hôtel de Ville, datant du XIXe siècle, qui a été presque totalement consumé.

Habitué des grandes mobilisations, le pays a déjà connu des épisodes de violences avec les gilets jaunes en 2018-2019, les émeutes provoquées par la mort de Nahel en 2023 ou les manifestations contre la réforme des retraites la même année. Mais la journée de samedi marque, selon certains observateurs, un point de bascule.

Cette journée marquera "sans doute une césure", selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung choqué par le niveau de violences à l'unisson de la presse étrangère.

Impuissants face au pillage et aux destructions, plusieurs maires cherchent des réponses.

Dans la capitale, "des rues entières ont été méthodiquement ravagées", selon le maire socialiste Emmanuel Grégoire. Sa première adjointe Lamia El Aaraje a déploré "un manque de moyens" policiers pour mettre un terme aux pillages.

À Limoges, le maire Guillaume Guérin (LR, droite) a accusé l'État d'avoir "abandonné ses policiers nationaux face à des hordes de sauvages".

Le maire de Marseille, Benoît Payan (divers gauche), avait dès samedi "demandé des comptes" pour comprendre comment "des gens ont pu impunément casser".

- Critiques politiques -

Une commission d'enquête parlementaire sur les violences sera créée et portera également sur la stratégie de maintien de l'ordre, a annoncé la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance, pro-Macron).

A quelques mois de la présidentielle, le débat a rapidement rebondi sur le terrain politique. "La France a été humiliée hier", a déclaré Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (extrême droite), imputant les violences à la gauche radicale "LFI et à ses proxys" qui, elle, accuse le gouvernement d'attiser la colère depuis le début du mouvement lycéen mi-septembre.

Marine Le Pen, candidate RN à la présidentielle et favorite des sondages, a fustigé un "pouvoir macroniste à bout de souffle, épuisé, désorienté".

La crise française n'est pas passée inaperçue à l'étranger : le président américain Donald Trump a écrit que "la France brûle", estimant que le pays était "brisé" par l'immigration.
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