Saloua Islah
04 Avril 2026
À 14:21
La mission Artemis II est un vol spatial habité organisé par
la NASA, lancé
le 2 avril 2026 depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Son objectif est d’envoyer des astronautes autour de la Lune afin de tester un nouveau vaisseau, sans y atterrir, avant de futures missions qui viseront, elles, un retour sur la surface lunaire.
Alors,
ce samedi 4 avril, la mission franchit une étape décisive : le vaisseau Orion, à bord duquel se trouvent quatre astronautes, atteint
la moitié du trajet entre la Terre et la Lune. L’équipage se situe désormais
à plus de 228.000 kilomètres de la Terre, environ deux jours après le décollage.
À cet instant précis, la NASA publie
les premières images de la Terre transmises depuis le vaisseau. Elles sont capturées par
le commandant Reid Wiseman, à la suite d’une manœuvre technique déterminante ayant placé Orion sur sa trajectoire vers la Lune.
Sur l’image principale, la Terre apparaît dans son intégralité, comme un globe bleu suspendu dans le vide. Contrairement à la perception depuis le sol, elle se donne ici à voir d’un seul regard.
L’océan Atlantique s’y déploie largement, bordé de masses terrestres identifiables : à gauche,
le Sahara et
la péninsule ibérique ; à droite, une partie de
l’Amérique du Sud. La planète semble inversée, un effet simplement lié à l’orientation du vaisseau au moment de la prise de vue.
Autour du globe, plusieurs phénomènes visibles depuis l’espace apparaissent en même temps.
Deux aurores polaires, ces lumières vertes que l’on observe près des pôles, se distinguent en haut et en bas de l’image. Elles sont provoquées par des particules envoyées par le Soleil qui entrent en contact avec l’atmosphère terrestre, explique l’agence spatiale.
Un fin halo lumineux entoure également la planète : il s’agit de son atmosphère, rendue visible par la lumière du Soleil alors que la Terre passe devant celui-ci. Enfin, en bas à droite de l’image, un point particulièrement brillant attire l’attention. La NASA précise qu’il s’agit de
la planète Vénus.
Ce moment constitue un cap symbolique pour l’équipage, l’astronaute
Christina Koch évoquant une réaction collective forte, marquée par l’émotion, à l’annonce de la mi-parcours. Depuis le vaisseau, les astronautes indiquent également
pouvoir observer la Lune à l’œil nu.La mission, d’
une durée d’environ dix jours, prévoit que le vaisseau Orion contourne la Lune, s’en éloigne davantage, puis revienne directement vers la Terre, sans alunissage. Ce type de mission permet de
tester l’ensemble des systèmes en conditions réelles avec un équipage, avant d’envisager un alunissage lors d’un prochain vol.
Ce voyage est aussi historique, souligne la NASA, car c’est
la première fois depuis la mission Apollo 17, en 1972, que des astronautes s’éloignent autant de la Terre en direction de la Lune pour la photographier dans son ensemble. Depuis cette mission, les vols habités sont restés confinés à l’orbite basse terrestre, notamment à bord de
la Station spatiale internationale, située à quelques centaines de kilomètres d’altitude, une distance insuffisante pour observer la Terre dans son intégralité. À l’inverse,
la mission Artemis II s’en éloigne à une échelle qui permet de restituer une vision globale du globe.
Si tout se déroule comme prévu, Orion devrait poursuivre son éloignement dans les prochains jours et
dépasser les 400.000 kilomètres de la Terre, une distance jamais atteinte par un équipage humain, espère la NASA.