LE MATIN
14 Octobre 2026
À 10:17
La situation sur le marché du
gazole, dont les prix flambent, reste en outre dépendante d'une "reprise de l'approvisionnement en
produits pétroliers en provenance du
Moyen-Orient", faute de quoi "de nouvelles réductions de la demande" pourraient devoir intervenir, avec des "coûts économiques importants", détaille
l'Agence internationale de l'énergie dans son rapport mensuel sur le
marché mondial du pétrole.
L'AIE observe que les marchés mondiaux du gazole "se sont tendus de manière atypique au troisième trimestre 2026", en raison de la
guerre au Moyen-Orient qui a perturbé les
exportations d'hydrocarbures et notamment de
produits raffinés, et de la
guerre entre la
Russie et
l'Ukraine lors de laquelle sont de plus en plus ciblées des
infrastructures énergétiques, notamment les raffineries russes.
"Cette situation a privé les marchés mondiaux du gazole de réserves essentielles à l'approche de la période de pointe de la
demande hivernale", commente-t-elle, estimant que "même si les taux de fonctionnement des
raffineries devraient s'améliorer rapidement d'ici la fin de l'année, l'offre de gazole restera insuffisante pour satisfaire la demande au quatrième trimestre 2026".
La reconstitution des stocks est donc jugée "peu probable" avant la deuxième moitié de 2027 et le marché va rester tendu car de nombreux secteurs sont très dépendants de ce carburant, notamment le transport routier, l'agriculture, le secteur de la construction ou l'industrie.
"La
demande mondiale de gazole est étroitement liée à l'activité économique, ce qui la rend relativement peu sensible aux
variations de prix", commente l'AIE mercredi.
Les
prix records du diesel ont déjà "de larges répercussions économiques, en augmentant le coût des biens et en pesant sur le
revenu réel des ménages, l'activité économique et l'inflation", souligne l'institution.
Concernant le
pétrole, après avoir longtemps estimé que la
demande mondiale en 2026 resterait supérieure à celle de l'année précédente, elle anticipe depuis plusieurs mois une baisse en rythme annuel.
Mercredi, l'agence revoit de nouveau légèrement à la baisse son estimation de cette demande mondiale: elle prévoit désormais une baisse de 2,6 millions de barils par jour en 2026, soit une demande moyenne équivalente à 102,4 Mb/j.
En septembre, elle anticipait une baisse de 2,5 Mb/j, et en août, elle s'attendait à un repli de 1,6 Mb/j.