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ONU : Carolyn Rodrigues-Birkett prend la tête de la course au Secrétariat général

Carolyn Rodrigues-Birkett, benjamine des huit candidats pour le poste de secrétaire général de l'ONU, a pris vendredi l'avantage à l'issue d'un second "vote indicatif" au sein du Conseil de sécurité, selon une source diplomatique.

Carolyn Rodrigues Birkett from Guyana, candidate for the position of the next Secretary-General, speaks during the event "UN Town Hall: The Next Secretary-General. The Town Hall is held with the candidates for the position of Secretary-General responding to questions on key challenges for the United Nations in a televised debate organized and hosted by Annalena Baerbock, President of the United Nations General Assembly, with the support of Bloomberg. The Town Hall offers a unique opportunity for a global audience to hear from all six candidates seeking to become the next Secretary-General of the United Nations.

22 Août 2026 À 11:35

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L'ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, Carolyn Rodrigues-Birkett a devancé l'ex-vice-présidente du Costa Rica, Rebeca Grynspan, arrivée en tête lors d'un premier vote en juillet, ainsi que le dirigeant de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), l'Argentin Rafael Grossi.

Réunis à huis clos, les 15 membres du Conseil ont anonymement assigné à chaque candidat une mention: "encourage", "décourage" ou "sans opinion".

Confirmant plusieurs publications spécialisées dans la couverture de l'ONU, la source diplomatique indique que la Guyanienne âgée de 52 ans a obtenu 8 "encourage", 3 "décourage" et 4 "sans opinion", devant la Costaricaine (7-4-4) et l'Argentin (7-6-2).

Ce processus intervient alors que l'ONU traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire, confrontée à une multiplication des conflits, des divisions persistantes au Conseil de sécurité et de graves difficultés financières.

Sous pression notamment des Etats-Unis, qui contestent régulièrement son rôle et ses financements, l'ONU peine à peser sur plusieurs conflits majeurs, tandis que les coupes budgétaires menacent ses opérations humanitaires.

Dans ce contexte, Carolyn Rodrigues-Birkett plaide notamment pour un renforcement du multilatéralisme, réclamant une organisation plus réactive, plus efficace et moins paralysée par ses lourdeurs bureaucratiques.

Pour l'emporter au terme de cette procédure qui pourrait prendre encore des semaines voire des mois, un candidat doit recueillir au moins neuf voix, en évitant un veto des cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni).

Le nom sera ensuite soumis à l'Assemblée générale, qui en pratique suit la nomination du candidat recommandé.



Beaucoup de flou

Cinq femmes et trois hommes tentent à ce jour de succéder au Portugais Antonio Guterres, 77 ans, qui terminera fin décembre son deuxième mandat de cinq ans.

"Il est encore trop tôt pour un consensus", a déclaré à l'issue du vote le représentant permanent de la République démocratique du Congo (RDC), Zenon Ngay.

Interrogée sur la date d'un prochain scrutin, la présidente du Conseil, la Danoise Christina Lassen, a répondu que la question allait être maintenant "examinée".

Selon une tradition géographique d'alternance entre continents, pas toujours respectée, l'Amérique latine revendique cette fois le poste, ce qui explique que la majorité des candidats en soient originaires.

De nombreux Etats poussent également pour qu'une femme prenne pour la première fois la tête de l'ONU.

Outre les trois arrivés vendredi en tête, les postulants sont l'ex-présidente chilienne Michelle Bachelet (74 ans), l'Equatorienne Maria Fernanda Espinosa (61 ans), l'Ougandais Olara Otunnu (75 ans), l'ex-président sénégalais Macky Sall (64 ans) et l'Equatorienne Ivonne A-Baki (75 ans).

Personne ne se risque à ce stade à faire de pronostic, tant les préférences des différents membres apparaissent encore très floues, notamment s'agissant des grandes puissances.

"Les membres permanents attendent souvent que le processus soit plus avancé pour dévoiler leurs véritables préférences", relève pour l'AFP Daniel Forti, analyste au sein de l'International Crisis Group.

De nouveaux prétendants au poste pourraient même voir le jour, a souligné jeudi devant la presse Vassili Nebenzia, représentant permanent de la Russie à l'ONU.

Le processus a en outre donné lieu à de vives attaques de la part de certains membres permanents du Conseil de sécurité contre la présidente de l'Assemblée générale de l'ONU, l'Allemande Annalena Baerbock, qui pousse pour une procédure beaucoup plus transparente.

Rarement alignés, les Etats-Unis et la Russie sont cette fois montés au créneau pour défendre les prérogatives du Conseil, estimant que Mme Baerbock sortait du cadre de ses fonctions en exigeant notamment que soient pris en compte des débats organisés avec les candidats par l'Assemblée générale.
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