Trump surprend avec l'annonce d'un "cessez-le-feu énergétique" avec la Russie
Donald Trump a annoncé, dimanche, un cessez-le-feu immédiat entre la Russie et l’Ukraine concernant les attaques contre les infrastructures énergétiques. Une annonce qui a surpris Kiev, le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirmant ne pas avoir connaissance d’un tel accord. Moscou n’a pas réagi, tandis que plusieurs pays occidentaux ont apporté leur soutien à l’initiative américaine.
LE MATIN,AFP
12 Octobre 2026
À 10:05
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Donald Trump a annoncé dimanche, un "cessez-le-feu énergétique" entre la Russie et l'Ukraine, sur fond de controverse autour d'un accord entre Washington et Moscou pour l'achat de diesel russe et de regain de tensions entre le président américain et son homologue ukrainien.
Aussitôt l'annonce de ce "cessez-le-feu énergétique", qui selon le dirigeant républicain prenait effet immédiatement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que les frappes russes contre les infrastructures ukrainiennes se poursuivaient.
"À compter de maintenant, il y a un cessez-le-feu énergétique dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Les deux parties se sont mises d'accord. Ne le rompez pas !", a écrit le milliardaire républicain sur sa plateforme Truth Social, sans plus de détails.
Le président ukrainien a dit au média américain Axios n'avoir pas connaissance d'un tel accord, tandis que Moscou ne s'est pour l'heure pas exprimé. Il s'est cependant dit prêt à l'accepter si la Russie faisait de même. "Nous attendons des détails clairs sur le dialogue entre les États-Unis et la Russie. Et que (le président russe Vladimir) Poutine fasse ce que le président Trump a dit", a-t-il affirmé dans son allocution quotidienne. Selon M. Zelensky, les frappes russes ont continué dimanche "avec la même intensité" malgré l'annonce de Donald Trump. "Les Russes ont frappé une centrale électrique à Kiev" et "plus tard, il y a eu des frappes sur des installations énergétiques dans la région de Kharkiv. Et tout ça s'est produit APRÈS que le président américain a fait sa déclaration", a-t-il affirmé dans la soirée.
Le président français Emmanuel Macron a affirmé que la France soutenait "sans réserve l'appel à une vraie trêve énergétique, à laquelle l'Ukraine est disposée". Mais, "à ce stade, la Russie continue de la refuser en intensifiant ces dernières heures encore ses frappes contre les infrastructures ukrainiennes", a-t-il noté.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a quant à lui affirmé que son pays soutenait "l'appel" de Donald Trump pour "une trêve énergétique durable sans délai". Le Premier ministre canadien Mark Carney a fait de même après s'être entretenu dimanche avec le président américain.
Des coupures de courant de grande ampleur ont touché plusieurs quartiers de la capitale ukrainienne dimanche et des restrictions d'électricité seront en place dans plusieurs régions du pays lundi à cause des attaques russes sur les installations électriques, a annoncé l'opérateur national, Ukrenergo.
Trois personnes ont été tuées dans des frappes russes à Kharkiv, selon le gouverneur régional Oleg Synegoubov.
Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, que Kiev qualifie de justes représailles aux bombardements de Moscou, ont attiré la colère du président Trump, alors que Washington et Moscou ont annoncé un accord surprise d'achat de diesel russe.
A la suite du bond des prix du carburant aux États-Unis depuis le déclenchement en février par Donald Trump et Israël de la guerre contre l'Iran, cet accord est vu comme un moyen de soulager en partie les consommateurs américains juste avant des élections législatives cruciales et difficiles pour le milliardaire américain.
Des élus démocrates et républicains ont toutefois mis en cause la légalité de l'accord qui, selon eux, contrevient à une loi du Congrès américain datant d'avril 2022 et qui interdit l'importation d'énergie russe.
Samedi, Donald Trump était allé jusqu'à "suggérer" aux Ukrainiens de se doter "d'un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord" de paix avec Moscou. "Avec tout le respect vis-à-vis du président Trump, c'est à notre société, à notre peuple, qu'il revient de choisir tel ou tel dirigeant", a répondu M. Zelensky dans une interview diffusée dimanche sur la chaîne ABC.