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Violences en France : Macron promet la fermeté, nouvelles tensions à Paris et Lyon

"De la honte et de la colère" : le président Emmanuel Macron a promis dimanche la fermeté contre les auteurs des violences en marge des manifestations de samedi en France mais aussi "la transparence" sur le dispositif de maintien de l'ordre, tandis que de nouvelles tensions ont eu lieu à Paris et à Lyon.

Ph. AFP

18 Octobre 2026 À 20:58

"Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte", a déclaré le chef de l'Etat dans d'une allocution d'une dizaine de minutes.

Il a dénoncé "des factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants", qui "se sont livrés à une violence débridée dans nos villes". Mais, "jamais nous ne devons confondre" les manifestants aux "revendications légitimes" avec "ceux qui ont détruit, cassé, pillé".

Emmanuel Macron a également promis "la transparence" quant à la stratégie controversée de maintien de l'ordre employée samedi. Il demande "au ministre de l'Intérieur" Laurent Nuñez, dont plusieurs dirigeants d'opposition exigent la démission, de "tirer toutes les leçons" des évènements, disant attendre "des réponses claires".

Dans les prochains jours, les préfets, pour "protéger nos villes", pourront "interdire" certains rassemblements, a annoncé le président, qui maintient son déplacement de trois jours prévu pour à partir de lundi dans le Golfe.



Favorite de la présidentielle d'avril-mai, Marine Le Pen (RN, extrême droite) a dénoncé une "crise profonde" qui fait peser une "menace pour la démocratie", dans une vidéo au ton très solennel postée sur ses réseaux sociaux.

Accusé par le gouvernement et ses adversaires d'attiser les violences, le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, lui aussi candidat à cette élection, a appelé Emmanuel Macron à mettre fin au "pourrissement" et à donner une réponse à la jeunesse.

Le président a appelé les "partis politiques" mais aussi les "organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté" les violences et a insisté sur la proximité de la présidentielle, dans six mois exactement.

Ces violences ont donné lieu à 2.397 interpellations, cependant que 997 policiers et gendarmes ont été blessés dont sept grièvement, selon le ministère de l'Intérieur.

Aucune annonce concernant ces revendications (lutte contre la vie chère, défense des services publics, etc.) n'a été faite pour l'instant par le chef de l'État. Mais le Premier ministre réunira prochainement partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires, a-t-il dit.

Épicentre de la mobilisation parisienne et des heurts de samedi, la place de la République a de nouveau été le théâtre d'affrontements dimanche après-midi avec les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Des magasins ont en outre été pillés dans le quartier, où la CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déployée pour le deuxième jour d'affilée.

Samedi, les affrontements et les pillages ont continué jusque tard dans la nuit dans plusieurs villes, faisant ressurgir le débat brûlant sur les failles du maintien de l'ordre, dénoncées notamment par les maires de Paris, Marseille ou Limoges.



Mairies attaquées, magasins saccagés, rues jonchées de débris... Dans les nombreuses cités victimes des violences, l'heure était au bilan, à la désolation et parfois à la colère. Quelque 7.000 personnes, dont de nombreux élus, se sont rassemblées dimanche à Limoges, dont la mairie a été dévastée par un incendie.

Dans toute la France, pas moins de 1.500 commerces ont été pris pour cible samedi, selon Alexandre Bompard, le président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui a évalué les dégâts à "plusieurs centaines de millions d'euros".

Le ministre du Commerce Serge Papin réunira lundi matin les fédérations représentant les commerçants et les distributeurs, les hôteliers et les restaurateurs, ainsi que les banques et les assurances.

Habituée des grandes mobilisations, la France a déjà connu des épisodes de violences avec les "gilets jaunes" en 2018-2019 ou les manifestations contre la réforme des retraites en 2023. Mais la journée de samedi marque, selon certains observateurs, un point de bascule.

A Paris, "des rues entières ont été méthodiquement ravagées", a déploré son maire socialiste Emmanuel Grégoire.

Celui de Limoges, Guillaume Guérin (LR, droite), a accusé l'État d'avoir "abandonné ses policiers nationaux face à des hordes de sauvages".

Le maire de Marseille, Benoît Payan (divers gauche), avait dès samedi "demandé des comptes" pour comprendre comment "des gens ont pu impunément casser".

Une commission d'enquête parlementaire sur les violences va être mise en place pour examiner la stratégie de maintien de l'ordre.

En attendant, l'Association des maires de France (AMF) a appelé à des rassemblements lundi devant les mairies pour alarmer d'un "vrai risque pour toute la Nation".

La crise française n'est pas passée inaperçue à l'étranger. "La France brûle", a écrit le président américain Donald Trump, estimant que ce pays était "brisé" par l'immigration. Cette journée constituera "sans doute une césure", selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung choqué par le niveau de violences à l'unisson du reste de la presse étrangère.
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