LE MATIN
30 Avril 2026
À 19:54
Tout en rappelant les difficultés rencontrées par
l’Exécutif dès son investiture, à commencer par la pandémie de Covid-19, les effets de la guerre en Ukraine sur les prix, les années de sécheresse, le séisme de 2023 et les inondations récentes, M. Akhannouch a souligné que le gouvernement avait pourtant su maintenir le cap. Il a ainsi mis en avant un taux de croissance de 5% en 2025, la notation extérieure du pays qui retrouve son «
investment grade», et tout à son optimisme, il a laissé entrevoir les perspectives prometteuses d’une bonne année agricole.
Dans le registre de la lutte contre le chômage,
M. Akhannouch a mis l’accent sur les 850.000 emplois créés durant sa mandature 2021-2025, balayant d’un revers de la main les critiques de l’opposition, mais reconnaissant toutefois que les pertes d’emplois dans le monde rural (500.000 sur la même période) ont pesé dans la balance. Et comme pour étayer ses propos, il s’est interrogé pourquoi les entreprises de BTP et les exploitations agricoles se plaignent du manque de main d’œuvre au moment où l’on parle d’un taux de chômage de 13% ! Le Chef du gouvernement est allé plus loin dans son raisonnement, précisant que les aides sociales auraient créé un effet pervers, dans la mesure où certains bénéficiaires se déclareraient en situation de chômage afin de ne pas perdre le droit à ces aides.
Abordant la question de la cherté des
prix du carburant, il a écarté l’option de la
baisse de la TVA et de la TIC sur les
importations de pétrole et de ses dérivés, rappelant que les équilibres du budget de l’État justifiaient cette décision. D’autant, selon lui, que le gouvernement consent un effort financier considérable à trabers la généralisation de l’AMO, la distribution d’aides à plus de 4 millions de familles (12 à 13 millions de personnes), la subvention des prix de l’électricité et la compensation du gaz butane, du sucre et de la farine. Pour lui, le choix assumé de cibler les transporteurs de personnes et de marchandises par des aides directes permet de juguler toute augmentation du ticket voyageur ou du transport de marchandises.
Revenant sur le dialogue social, M. Akhannouch a indiqué que celui-ci ne pouvait se réduire à des augmentations de salaires chaque année ! En revanche, des mesures spécifiques comme la réduction de la journée de travail des agents de sécurité à 8 h au lieu de 12 ou la revalorisation des salaires de certains fonctionnaires comme les ingénieurs (en cours), seront prises, a-t-il promis.
Répondant à une question sur une éventuelle revalorisation des pensions de retraite, M. Akhannouch a concédé la complexité de ce chantier «au moment où la pérennité des caisses de retraite est menacée». D’ailleurs, a-t-il ajouté, pour la réforme du système de retraite, la balle est dans le camp des syndicats qui ont reçu l’étude et les propositions du gouvernement et qui ont demandé un délai pour les examiner. Selon M. Akhannouch, le dossier pourrait être traité au début de l’été si ceux-ci soumettaient leurs remarques, autrement «ce sera au prochain gouvernement de mener à bien cette réforme».
En définitive, M. Akhannouch, tout en se félicitant de la cohésion sa majorité, n’a pas manqué de rappeler que tant le FMI que la Banque mondiale ou l’OCDE avaient félicité le Royaume pour ses choix économiques judicieux. Pour lui, l’avenir rendra justice à son gouvernement.