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Attaques d’Es-Smara : un clou supplémentaire dans le cercueil du polisario

Des attaques d’octobre 2023 à celles de mai 2026, le polisario s’enfonce davantage dans l’illégalité, confortant le statut que tout le monde lui reconnaît, celui d’un acteur de déstabilisation régional. En ciblant mardi dernier des zones civiles dans la ville marocaine d’Es-Smara, le front séparatiste a choisi de relancer le combat qui a toujours été le sien, celui consistant à terroriser les civils et à saper les efforts diplomatiques. Les États-Unis ont condamné clairement ces actes, en raison de la menace qu’ils «font peser sur la stabilité régionale et sur les progrès accomplis vers la paix».

07 Mai 2026 À 18:25

La Mission des États-Unis auprès des Nations unies a condamné dans termes très clairs les attaques perpétrées par le front polisario mardi dernier et qui ont ciblé des zones civiles dans la ville d’Es-Smara. «Nous condamnons les attaques menées par le front polisario séparatiste dans la ville de Smara, au Maroc, en raison de la menace que ces actes violents font peser sur la stabilité régionale et sur les progrès accomplis vers la paix, d’autant plus qu’ils vont à l’encontre du climat de dialogue ayant marqué les dernières discussions», lit-on un communiqué officiel de la Mission, partagé sur les réseaux sociaux et republié par le département d’État US.



En plus de condamner, la Mission US auprès des Nations unies a mis l’accent sur la nécessité de mettre fin au conflit autour du Sahara marocain sur la base de la résolution du Conseil de sécurité d’octobre 2025. «Il est temps de mettre fin à un conflit qui dure depuis 50 ans et, comme l’a souligné la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, l’initiative marocaine d’autonomie constitue une voie sérieuse vers la paix au Sahara occidental», est-il précisé. La Mission n’a pas manqué par la même occasion d’exhorter «toutes les parties qui refusent la paix à s’engager de manière constructive et sincère en faveur d’un avenir meilleur. Le statu quo ne peut plus perdurer».

Commentant ces attaques, l'ambassadeur des États-Unis au Maroc, Duke Buchan III, a publié sur son compte X : «Hier, j’étais à Dakhla, où des médecins américains et marocains ont travaillé côte à côte pour fournir des soins médicaux aux habitants du Sahara marocain. Pendant ce temps, ceux qui s’opposent à la paix ont lancé des missiles contre des infrastructures civiles». Les termes de l’ambassadeur US sont diplomatiques, soigneusement choisis et en disent long sur une ligne de conduite américaine qui veut en finir avec un conflit qui menace la stabilité régionale et que certaines parties veulent perpétuer, à contre-courant de la volonté de la communauté internationale.

Le conflit «ne peut attendre encore 50, 150 ou 200 ans pour être résolu»

L’attaque de mardi dernier intervient en effet alors que le dossier du Sahara connaît des développements décisifs marqués par un soutien grandissant et de plus en plus franc à la marocanité des provinces du Sud et au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le règlement de ce différent régional. Les États-Unis, par la voix du numéro 2 de leur diplomatie, ont réitéré le 29 avril dernier sans équivoque leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur ses territoires sahariens. «Les États-Unis reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara», a indiqué le secrétaire d’État adjoint des États-Unis, Christopher Landau, lors d’une conférence de presse à l’issue de sa rencontre à Rabat avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

Le haut responsable américain a également souligné que «nous œuvrons dans le cadre de la dernière résolution du Conseil de sécurité (NDLR : Résolution 2797) en vue de parvenir à une solution pacifique à ce conflit qui a persisté pour une durée inacceptable», ajoutant que «cette situation ne peut attendre encore 50, 150 ou 200 ans pour être résolue». M. Landau a, en outre, réaffirmé, durant les discussions avec M. Bourita, le soutien constant des États-Unis «à la proposition d'autonomie sérieuse, crédible et réaliste du Maroc», qu’il a caractérisée comme «l’unique base d'une solution juste et durable au différend territorial concernant le Sahara».

Moins de 24 heures après, un autre poids lourd de la diplomatie européenne a apporté son appui au Maroc. Le 30 avril, l'Allemagne, tout en soulignant la centralité de l’autonomie sous souveraineté marocaine, a déclaré qu’elle comptait agir conformément à cette position sur les plans diplomatique et économique. Cette position a été exprimée dans la déclaration conjointe adoptée à l’issue de la deuxième session du Dialogue stratégique multidimensionnel Maroc-Allemagne, tenue, jeudi 30 avril à Rabat, entre le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et son homologue allemand, Johann Wadephul. Ce dernier a d’ailleurs affirmé que Berlin était disposée à accompagner le développement économique dans les provinces du sud du Royaume. Le chef de la diplomatie allemande a en effet souligné «la disponibilité de l’Allemagne à accompagner le développement économique (dans les provinces du Sud), afin d’atteindre un développement durable et de créer un environnement d’investissement favorable, notamment en encourageant davantage d’entreprises allemandes à s’y engager».

Durant le mois d’avril, outre les États-Unis et les l’Allemagne, une douzaine de pays ont exprimé sans ambages leur soutien au plan d’autonomie marocain et à la souveraineté du Royaume sur le Sahara. De l’Union européenne à l’Autriche, et de l’Équateur à la Zambie en passant par la Suisse, le Burundi et le Gabon, ou encore le Honduras qui a décidé carrément de geler sa reconnaissance de la pseudo-Rasd, le Maroc récolte les fruits d’une diplomatie sage et visionnaire, alignée sur la légalité internationale et foncièrement attachée à la stabilité et au co-développement.

C’est cette tendance lourde et irréversible semble avoir affolé le front polisario, qui voit ainsi l’étau se resserrer autour de lui et de ses appuis régionaux. Depuis la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU en octobre 2025, l’entité séparatiste assiste, impuissante et avec désarroi, à l’effondrement de ses thèses désuètes. D’autant plus que de plus en plus de congressmen sont prompts à signer le polisario front terrorist designation Act (le H.R. 4119,), un texte qui mettra définitivement le front séparatiste au ban de la communauté internationale. En désespoir de cause, le polisario a choisi donc de mener la guerre qui a toujours été la sienne, celle consistant à terroriser les civils et agir comme acteur de déstabilisation et de division au service d’agendas inavoués.

Des attaques d’octobre 2023 à celles de mai 2026
Pourtant, les milices séparatistes n’en sont pas à leur premier coup contre les civils. En 2023, le 28 octobre, dans la nuit de samedi à dimanche, Es-Smara a été secouée par quatre déflagrations ayant coûté la vie à un jeune homme de 23 ans et blessé trois personnes. À l’époque, le Maroc qui avait saisi la Minurso et s’était gardé d’accuser directement le polisario. «Le Maroc est un pays légaliste. Nous sommes toujours dans la phase de l’enquête, nous n’accusons personne, car nous attendons toujours les résultats des investigations, une fois qu’on les aura, nous agirons», avait déclaré l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale.

Toutefois, M. Hilale avait souligné qu’on ne pouvait pas ignorer l’existence d’un «faisceau d’indices» qui convergent tous vers la même partie, «qui s’est prononcée elle-même». Le premier indice, c’est le communiqué du groupe séparatiste armé «polisario» où il est dit que «l’armée de libération saharaouie» (sic) a ciblé trois régions : El Mahbes, Es-Smara et El Farsia». Autre indice : alors que la presse internationale a commencé à se faire l’écho des explosions, à aucun moment le polisario n’a démenti, alors que tout indiquait que c’était eux qui étaient derrière, avait précisé le diplomate marocain.

Pour les attaques d’octobre 2023, le droit international humanitaire et les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sont on ne peut plus clairs : «Tout ciblage de civils est un acte terroriste, un acte de guerre. Et donc cela suppose des conséquences et des responsabilités. Pour le moment, ce qu’on peut dire c’est que ces explosions ne resteront pas impunies, les auteurs vont en assumer la responsabilité sur le plan juridique mais aussi politique. Pas seulement les auteurs, mais aussi ceux qui sont derrière eux, qui les abritent, qui les arment», avait déclaré M. Hilale. Il n’y pas de raison pour qu’il en soit autrement pour les attaques du 5 mai 2026.
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