LE MATIN
10 Février 2026
À 11:20
Après sept années de sécheresse, la situation des
barrages marocains connaît une évolution nettement favorable, portée par l’accumulation progressive des
apports hydriques enregistrés depuis le début de la saison pluvieuse. Cette dynamique a permis un renforcement significatif des
réserves d’eau, aussi bien dans les grands bassins structurants que dans plusieurs bassins intermédiaires. L’augmentation du volume stocké se traduit par une hausse généralisée des taux de remplissage, même si des disparités subsistent selon les régions et les capacités de stockage.
Sebou, Loukkos et Bouregreg tirent les niveaux de remplissage vers le haut
Les
bassins du Sebou, du Loukkos et de Bouregreg figurent désormais parmi les plus performants à l’échelle nationale.
Sebou demeure le premier bassin en volume mobilisé, avec un taux de remplissage dépassant 90%, porté notamment par les barrages Al Wahda, Idriss Ier et Allal El Fassi, qui affichent des niveaux élevés et jouent un rôle central dans l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation.
Dans le
Loukkos, le taux de remplissage dépasse également 93%, avec plusieurs barrages atteignant ou frôlant la pleine capacité. Cette situation conforte la position du nord du pays comme l’une des zones les mieux dotées en ressources hydriques cette saison.
Le
Bouregreg s’inscrit dans la même dynamique, avec un taux de remplissage supérieur à 92%. Le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, principal ouvrage du bassin, assure des réserves confortables pour l’alimentation en eau de l’axe Rabat-Salé-Casablanca.
Tensift et Oum Er-Rbia en nette progression
Le bassin du
Tensift affiche un taux de remplissage dépassant 82%, traduisant une amélioration notable des réserves dans une région longtemps marquée par le stress hydrique. Plusieurs barrages y présentent des niveaux élevés, contribuant à sécuriser les usages agricoles et urbains.
Dans le bassin d’
Oum Er-Rbia, le taux de remplissage atteint désormais plus de 41%. Si ce niveau reste inférieur à celui des bassins du nord et du centre-ouest, la progression est significative, notamment grâce à l’amélioration des niveaux dans des barrages structurants comme Ahmed El Hansali, Moulay Youssef et Bin El Ouidane.
Moulouya et Souss-Massa : des dynamiques contrastées
À l’est du pays, le bassin de la
Moulouya affiche un taux de remplissage proche de 56%, avec des réserves en hausse dans plusieurs ouvrages majeurs, confirmant une amélioration sensible par rapport à l’année précédente.
Le
Souss-Massa atteint pour sa part plus de 54%, grâce à des niveaux élevés dans certains barrages, même si la situation reste contrastée en raison de la forte pression exercée par les usages agricoles.
Sud et Sud-Est : une amélioration progressive
Dans les bassins du
Guir-Ziz-Rhéris et du
Drâa-Oued Noun, les taux de remplissage avoisinent respectivement 60% et 33%. Ces niveaux traduisent une amélioration progressive dans des régions structurellement exposées à l’aridité, même si les réserves demeurent plus limitées que dans les bassins septentrionaux.
Avec un niveau de remplissage global inédit depuis 2018, les barrages du Maroc retrouvent une marge de manœuvre appréciable en matière de gestion de l’eau. Cette amélioration, aussi significative soit-elle, reste toutefois tributaire de la poursuite d’une gestion prudente et rationnelle de la ressource, afin de faire face aux besoins structurels et aux aléas climatiques à venir.