Nation

Flambée des carburants : le consommateur marocain ne peut être la variable d’ajustement (FNAC)

La Fédération nationale des associations du consommateur s’inquiète des effets de la récente hausse des carburants sur le pouvoir d’achat des Marocains. Elle appelle les autorités à enquêter sur les conditions d’application de ces augmentations et à mettre en place des mesures pour en limiter l’impact.

Ph. Sradni

18 Mars 2026 À 17:50

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La récente augmentation des prix des carburants suscite de vives réactions du côté des associations de consommateurs. La Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC) a exprimé son inquiétude face à la hausse intervenue le 16 mars dernier, estimant qu’elle accentue la pression déjà forte sur le pouvoir d’achat des ménages marocains. Dans un communiqué, la Fédération indique suivre avec préoccupation l’évolution du marché des carburants. Elle rappelle que les nouvelles hausses se traduisent par «une augmentation d’environ 2 dirhams pour le gasoil et 1,50 dirham pour l’essence», une évolution qui, selon elle, se répercute directement sur le budget des consommateurs.

Des répercussions au-delà de la pompe

Pour la FNAC, les conséquences de cette augmentation ne se limitent pas au prix payé à la station-service. L’organisation souligne que cette évolution risque d’entraîner une hausse en chaîne de nombreux produits et services. Dans son communiqué, elle précise que «cette hausse, déjà effective, impacte directement le pouvoir d’achat des consommateurs marocains. Au-delà du coût à la pompe, ses répercussions se font sentir sur l’ensemble des prix des biens et services, notamment le transport et les produits de première nécessité», ce qui pourrait accentuer davantage la pression sur les ménages.

La Fédération pointe également certains aspects liés à la mise en œuvre de ces hausses. Elle s’interroge notamment sur la simultanéité de l’ajustement des prix dans les stations-service. Selon la FNAC, «le changement simultané des prix à minuit le 16 mars soulève de sérieuses interrogations au regard des règles de concurrence, dans la mesure où une telle synchronisation pourrait s’apparenter à une pratique concertée entre opérateurs». Par ailleurs, l’organisation affirme que «des cas de refus de vente avant l’entrée en vigueur des nouveaux prix ont été constatés dans certaines stations-service», des pratiques qu’elle juge «inacceptables et contraires aux dispositions de la loi sur la protection du consommateur».

Appel à l’ouverture d’investigations

Face à ces éléments, la FNAC appelle les autorités compétentes à agir. Elle demande notamment le lancement d’enquêtes et un renforcement des contrôles. Dans son communiqué, la Fédération exhorte ainsi les pouvoirs publics à «ouvrir des investigations et à renforcer les contrôles afin de garantir le respect strict des règles de concurrence et des droits des consommateurs». Au-delà des investigations, la FNAC plaide pour des mesures concrètes destinées à limiter l’impact de la hausse des carburants sur les ménages. Elle suggère notamment «une révision temporaire de la fiscalité sur les carburants (TIC et TVA) afin d’amortir les hausses internationales», mais aussi «le plafonnement des marges ou la réglementation des prix», ainsi qu’un «renforcement de la transparence sur la structure des prix et les marges dans le secteur de la distribution».

Refus des hausses en cascade

La Fédération met également en garde contre les augmentations de prix des biens et services qui pourraient être justifiées par la hausse du carburant. Dans ce sens, elle affirme exprimer «son refus catégorique de toute augmentation des prix des biens et services imputée à la hausse des carburants», rappelant que lors des précédentes baisses des prix du carburant, les tarifs de nombreux produits n’avaient pas suivi la même tendance. La FNAC conclut en rappelant que «le consommateur marocain ne peut être la variable d’ajustement» et appelle les autorités à «une action urgente pour garantir plus d’équité, de transparence et de justice économique», tout en demandant que les préoccupations liées à la dégradation du pouvoir d’achat soient pleinement prises en compte.
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