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Catastrophes naturelles : le Maroc classé 45e parmi 193 pays à risque

Le Maroc se classe 45e sur 193 pays dans le WorldRiskReport 2026, avec un indice de 12,59 qui le situe dans la catégorie des pays à « risque élevé ». Le rapport montre toutefois que ce classement tient davantage à l’exposition du Royaume aux différents aléas naturels qu’à sa vulnérabilité, considérée comme moyenne.

01 Octobre 2026 À 16:03

Le Maroc figure dans la catégorie des pays à « risque élevé » face aux catastrophes dans l’édition 2026 du WorldRiskReport, publiée par Bündnis Entwicklung Hilft et l’Institute for International Law of Peace and Armed Conflict (IFHV) de la Ruhr University Bochum. Avec un indice de 12,59, le Royaume occupe le 45e rang sur 193 pays.

Le Maroc se situe ainsi dans la partie supérieure de la catégorie « risque élevé », qui regroupe les pays affichant un score compris entre 6,32 et 13,72. Il reste à 1,14 point du seuil de la catégorie « risque très élevé », fixé à 13,73.

Ce classement ne signifie cependant pas que le Maroc a 12,59% de risques de connaître une catastrophe. Le WorldRiskIndex ne mesure pas la probabilité qu'un événement survienne au cours de l'année. Il évalue le risque auquel un pays est confronté en croisant deux éléments : son exposition aux phénomènes naturels et la vulnérabilité de sa population.

Ce qui pèse dans le classement du Maroc

La décomposition du score permet de mieux comprendre la position du Royaume. Le Maroc obtient 7,45 pour son exposition aux aléas naturels, un niveau considéré comme « élevé », tandis que sa vulnérabilité atteint 21,26, ce qui correspond à un niveau « moyen ».

L'indice prend en compte sept grands types de risques : les séismes, les tsunamis, les inondations côtières et fluviales, les cyclones tropicaux, les sécheresses et l'élévation du niveau de la mer. L'exposition mesure notamment la part de la population susceptible d'être concernée par ces phénomènes.

La vulnérabilité renvoie, elle, à la capacité d'une société à résister aux conséquences d'une catastrophe, à y répondre et à s'y adapter dans la durée. Les conditions économiques et sociales, les infrastructures, les dispositifs d'alerte ou encore les capacités institutionnelles entrent ainsi dans l'équation. Le principe retenu par les auteurs est qu'un même phénomène naturel peut produire des conséquences très différentes selon le degré de préparation de la société qui le subit.

Le rapport ne fournit toutefois pas, dans son tableau consacré aux pays, le poids individuel de chacun des sept aléas dans le score marocain. Il n'est donc pas possible d'affirmer sur cette seule base si les séismes, la sécheresse ou les inondations constituent le principal facteur qui tire l'exposition du Royaume vers le haut.

Un élément permet néanmoins d'écarter les tempêtes tropicales comme facteur déterminant. Le Maroc n'est que 130e mondial sur ce volet, avec un score de 0,46, classé comme « faible ». L'édition 2026 est justement consacrée aux tempêtes et montre que leur risque est extrêmement concentré géographiquement : 123 des 193 pays étudiés y sont à peine exposés.

Où se situe le Maroc par rapport à ses voisins ?

La comparaison régionale fait apparaître des écarts importants. Avec ses 12,59 points, le Maroc présente un niveau de risque supérieur à celui de la Mauritanie (11,06), de l'Algérie (7,96) et de la Tunisie (7,74). De l'autre côté de la Méditerranée, l'Espagne affiche 9,74 et le Portugal 5,36.

Mais le classement brut masque des profils très différents. La Mauritanie, par exemple, affiche une exposition relativement faible, à 2,77, mais une vulnérabilité beaucoup plus forte, à 44,17. Au Maroc, la configuration est différente : l'exposition est plus importante, à 7,45, tandis que la vulnérabilité est deux fois moins élevée, à 21,26.

La comparaison illustre l'un des principaux enseignements du rapport : deux pays peuvent afficher des niveaux de risque relativement proches sans présenter les mêmes fragilités. La géographie et les aléas auxquels les populations sont exposées comptent, mais les moyens dont disposent les sociétés pour prévenir les dommages, intervenir et reconstruire sont également déterminants.

Les Philippines, l'Inde et l'Indonésie en tête

À l'échelle mondiale, les Philippines restent le pays présentant le risque de catastrophe le plus élevé, avec un indice de 46,69. Elles sont suivies par l'Inde (44,97) et l'Indonésie (44,63). Viennent ensuite la Colombie (39,80) et le Mexique (39,18). À l'autre extrémité du classement, Monaco affiche l'indice le plus faible, à 0,21, tandis qu'Andorre et Saint-Marin obtiennent chacun 0,33.

Au-delà du classement, les auteurs relèvent que la hiérarchie des pays les plus à risque est restée globalement stable au cours des 25 dernières années. Une évolution se dessine néanmoins : les pays dont la vulnérabilité est alimentée par les conflits et l'instabilité occupent une place croissante parmi les États les plus exposés au risque de catastrophe.

L'édition 2026 attire par ailleurs l'attention sur l'évolution des tempêtes. Leur nombre n'augmente pas nécessairement, mais leur intensité tend à s'accroître sous l'effet du changement climatique, tandis que l'élévation du niveau de la mer augmente les risques d'inondation dans les zones côtières.

Pour le Maroc, le principal enseignement du classement se situe donc moins dans le seul 45e rang mondial que dans le profil qui se dessine derrière ce chiffre : un pays relativement exposé aux aléas naturels, mais dont le niveau de vulnérabilité reste moyen. Un constat qui replace au premier plan les enjeux de prévention, de préparation aux catastrophes et d'adaptation des territoires.
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