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Ce qu’en pense Moulay Hafid Elalamy du gouvernement El Mansouri

« Nous allons nous mobiliser à ses côtés. Nous allons aussi le boxer quand il le faut. » Moulay Hafid Elalamy donne le ton. Au lendemain de la nomination du gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri, le président fondateur de Saham Group, ancien ministre et ex-président de la CGEM, livre son regard sur la nouvelle équipe, salue l’arrivée d’une femme à la tête de l’Exécutif et précise ce qu’il attend de l’action gouvernementale. Voici ce qu’il a déclaré, samedi 17 octobre, lors du forum « Entrepreneurs en mouvement : Transformer les priorités en actions ».

17 Octobre 2026 À 12:00

Soutenir le gouvernement, contribuer à sa réussite, mais aussi lui dire ce qui ne fonctionne pas. C’est en substance le message adressé par Moulay Hafid Elalamy aux membres du nouvel Exécutif, nommé vendredi 16 octobre par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Interrogé sur la nouvelle équipe gouvernementale lors du forum « Entrepreneurs en mouvement : Transformer les priorités en actions », le président fondateur de Saham Group a livré une appréciation favorable, tout en défendant une relation exigeante entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques.

Ancien ministre de l’Industrie et ancien président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Moulay Hafid Elalamy connaît les deux côtés de la relation entre l'État et l'entreprise. Une expérience qu'il a largement mobilisée pour expliquer sa conception du rôle que doit jouer le patronat face au nouveau gouvernement.

Sa première réaction a toutefois porté sur la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête de l'Exécutif. Une évolution dont il mesure avant tout la portée internationale. « Nous sommes ravis de voir l'écho international d'avoir une femme chef de gouvernement », a-t-il déclaré, avant d'insister sur la valeur de cette nomination pour l'image du Royaume : « Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais c'est un capital immatériel important. »

Pour illustrer son propos, l'entrepreneur a évoqué un récent déplacement à Paris, au cours duquel plusieurs de ses interlocuteurs ont spontanément abordé le sujet. À ses yeux, cette nomination suscite un intérêt particulier à l'étranger et contribue à faire évoluer le regard porté sur le Maroc.

Mais au-delà de la portée symbolique de cette nouvelle équipe, Moulay Hafid Elalamy estime que l'essentiel résidera dans sa capacité à répondre aux défis qui attendent le pays. Et ces défis s'annoncent considérables.

« Nous allons traverser des années complexes », a-t-il prévenu, évoquant les tensions internationales et les profondes mutations économiques et technologiques en cours. Parmi celles-ci, l'intelligence artificielle occupe une place particulière dans ses préoccupations.

Ingénieur informaticien de formation, l'ancien ministre considère que cette révolution n'a rien de comparable avec les transformations numériques précédentes. « Avant, on renforçait l'être humain. Aujourd'hui, on remplace l'être humain. Ce n'est pas de la science-fiction », a-t-il affirmé. Une évolution qui, selon lui, impose aux économies, particulièrement celles des pays du Sud, de se préparer à des bouleversements majeurs.

C'est précisément dans ce contexte qu'il appelle à une mobilisation collective autour du nouvel Exécutif. « Nous avons besoin d'un gouvernement fort. Nous avons besoin d'un patronat et d'un opérateur fort qui soutiennent ce gouvernement », a-t-il insisté.

Pour Moulay Hafid Elalamy, la réussite du gouvernement ne concerne pas uniquement les responsables politiques. Elle engage également les entreprises, dont l'activité dépend en grande partie de la qualité des politiques publiques et de l'environnement économique. Il a ainsi rappelé que la vocation de la CGEM a toujours été, selon lui, d'accompagner l'action gouvernementale, indépendamment des appartenances politiques. « C'est notre intérêt que le gouvernement réussisse », a-t-il souligné, avant d'assurer que les opérateurs économiques devaient déployer leurs efforts pour contribuer à cette réussite.

Un soutien qui n'exclut toutefois ni la vigilance ni la critique. C'est sur ce point que l'ancien président du patronat s'est montré particulièrement explicite : « Nous allons nous mobiliser à ses côtés. Nous allons aussi le boxer quand il le faut. » Derrière cette formule volontairement provocatrice, Moulay Hafid Elalamy défend une conception du dialogue entre l'État et les entreprises fondée sur la franchise et la recherche de solutions.

Pour étayer son propos, il est revenu sur son passage à la présidence de la CGEM, lorsqu'il avait fait élaborer un livre blanc recensant les difficultés rencontrées par les entreprises dans leurs relations avec l'administration. Un document dont plusieurs constats demeurent, à l'en croire, d'actualité. Il a notamment raconté avoir présenté ce travail directement au chef du gouvernement de l'époque, malgré les réticences que pouvait susciter une telle démarche au sein de l'Exécutif.

Fort de sa propre expérience ministérielle, il reconnaît d'ailleurs que les responsables gouvernementaux n'accueillent pas toujours favorablement les critiques formulées par les opérateurs économiques. Pourtant, estime-t-il, reconnaître les dysfonctionnements constitue une condition indispensable à leur résolution. « Il y a des choses qui marchent et des choses qui ne marchent pas », a-t-il relevé. « Ce qui ne marche pas, il faut le dénoncer dans un esprit constructif. On est là pour construire ensemble. C'est notre pays. »

Concernant les personnalités qui composent le nouveau gouvernement, Moulay Hafid Elalamy s'est gardé de distribuer les bons et les mauvais points. « Je ne les connais pas tous. Ceux que je connais, je pense qu'ils feront de leur mieux », a-t-il déclaré, tout en adressant ses félicitations aux nouveaux ministres. L'entrepreneur a également insisté sur la responsabilité des acteurs économiques dans l'accompagnement des réformes. « Notre rôle, c'est de nous retrousser les manches, de leur apporter les problèmes et les solutions », a-t-il résumé.

L'échéance de 2030 constitue, à ses yeux, une occasion supplémentaire d'accélérer les transformations engagées dans le Royaume. Évoquant les changements observés dans plusieurs villes marocaines, notamment Casablanca, il a souligné l'importance de capitaliser sur cette dynamique pour poursuivre le développement du pays.

Son message au nouvel Exécutif tient finalement en une conviction : la réussite du gouvernement et celle des opérateurs économiques sont étroitement liées. « S'ils réussissent, on réussira. S'ils échouent, on échoue. Donc, on sera à leur côté. »

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