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Elections 2026 : Driss Lachgar trace les priorités de l’USFP depuis Marrakech

À l’heure où les enjeux de gouvernance et de développement territorial s’imposent avec acuité au Maroc, les débats autour de la réforme du système électoral et de la réduction des inégalités régionales gagnent en intensité. C’est dans ce contexte que le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires, Driss Lachgar, a pris la parole samedi dernier à Marrakech, livrant une analyse structurée des priorités politiques à venir et des chantiers jugés déterminants pour renforcer la crédibilité des institutions et répondre aux attentes des citoyens.

26 Avril 2026 À 16:05

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Le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, a livré, depuis Marrakech, une lecture politique dense des enjeux actuels, en mettant en avant la double exigence de réformes électorales profondes et de justice territoriale. À l’approche du congrès national du parti, il a insisté sur l'importance de refonder à la fois les pratiques politiques et les mécanismes de gouvernance.

Une dynamique interne pour préparer le congrès

Dans cette perspective, Driss Lachgar a expliqué que la préparation du congrès national s’appuyait sur une large mobilisation organisationnelle, concrétisée par la tenue de congrès provinciaux à travers toute la région. Cette démarche vise non seulement à renouveler les structures du parti, mais aussi à ouvrir un débat approfondi sur les grandes questions nationales. Intervenant samedi, dans le cadre d’une rencontre partisane à Marrakech, le responsable politique a rappelé que ces réunions s'étaient déroulées dans un contexte qualifié de difficile, après des années de disette ayant affecté l’action politique. Malgré cela, le parti a poursuivi sa mobilisation autour d’un mot d’ordre central : «pour une justice territoriale», tout en plaçant la réforme du système électoral au cœur de ses priorités.

Réforme électorale et lutte contre la corruption

Dans le prolongement de cette dynamique, les débats ont largement porté sur la nécessité de lutter contre les dérives liées à la corruption électorale et de garantir l’égalité des chances entre les acteurs politiques. Pour Lachgar, l’enjeu est clair : faire en sorte que les élections traduisent fidèlement la volonté des citoyens. Dans ce sens, il a souligné que le dernier Discours Royal avait fixé deux orientations majeures pour la prochaine étape, à savoir la réforme du système électoral et la lutte contre toutes les formes de corruption, en parallèle avec le renforcement de la justice territoriale comme levier d’un développement équilibré.

Dans la continuité de ces orientations, le ministère de l’Intérieur a, selon lui, engagé des consultations avec les différentes forces politiques autour de la réforme électorale. Ces échanges ont permis de dégager des convergences sur certains points, tout en révélant des divergences sur d’autres. L’USFP, a-t-il affirmé, a clairement exprimé ses positions, soutenant certaines propositions et en rejetant d’autres, jugées contraires à l’esprit de la réforme démocratique.
Dans ce contexte, le dirigeant socialiste a insisté sur l'importance de renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption électorale, notamment en interdisant la candidature de personnes impliquées dans des pratiques illégales. Une mesure qu’il considère essentielle pour assainir la vie politique et restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

La justice territoriale comme priorité stratégique

Parallèlement à la réforme électorale, la question de la justice territoriale occupe une place centrale. M. Lachgar a ainsi rappelé que le dernier Conseil des ministres, présidé par S.M. le Roi Mohammed VI, avait réaffirmé la centralité de ce chantier dans les politiques publiques. Il a évoqué une vision à l’horizon 2035, fondée sur la mobilisation d’investissements conséquents pour réduire les inégalités territoriales et sociales. Dans cette optique, la réussite de ce chantier dépend, selon lui, de l’existence d’élites politiques et administratives intègres, capables de traduire ces orientations sur le terrain aux niveaux régional et local, avec les moyens nécessaires. Il a également souligné le rôle déterminant du citoyen, appelé à choisir des représentants intègres et à s’impliquer activement dans la lutte contre la corruption.
Enfin, inscrivant son propos dans une lecture territoriale concrète, Driss Lachgar a pointé les déséquilibres persistants dans la région de Marrakech-Safi, qui compte plus de cinq millions d’habitants et contribue à hauteur d’environ 8% du PIB national. Les catastrophes naturelles récentes, notamment le séisme et les inondations, ont mis en lumière la fragilité des infrastructures et les limites des dispositifs d’intervention. Ces constats, selon lui, plaident pour une refonte des modes de gestion territoriale, afin de mieux répondre aux besoins des populations et de renforcer la résilience des territoires face aux crises.
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