Brahim Mokhliss
18 Septembre 2026
À 18:16
Troisième étape du
Rassemblement national des indépendants (RNI) dans le
Souss-Massa après Tafraout et Tiznit, le meeting d’
Oulad Taïma a rassemblé cadres et militants dans cette ville de la région d’Agadir, fief électoral du parti. Organisé dans le cadre de la campagne des législatives du 23 septembre, le rendez-vous devait servir de démonstration de force locale. Il a surtout donné à voir la ligne retenue à l’approche du scrutin, celle d’un parti qui fait de la réponse à ses détracteurs un argument de mobilisation.
Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement et membre du bureau politique, a saisi cette occasion pour inviter les militants à ne pas céder aux tentatives de «Tachwich» (le brouillage). «Avancez et laissez-les faire», a-t-il lancé, appelant ses troupes à suivre la voie du raisonnable et à se concentrer sur les dossiers qui servent les citoyens. Pour lui, «les personnes qui réussissent sont précisément celles que l’on attaque».
Une riposte assumée face aux critiques
Mohamed Aujjar, membre du bureau politique, a prolongé cette ligne en s’en prenant à ce qu’il a décrit comme une dégradation du débat politique. Sa formation reste disponible pour discuter des idées et des critiques, a-t-il affirmé, «mais refuse de s’engager dans la diffamation et dans toutes formes de lutte visant à brouiller le paysage partisan». Il s’est ensuite arrêté sur les reproches faits au gouvernement sur le coût du soutien social, et notamment sur une critique selon laquelle l’Exécutif aurait dépensé 280 milliards de DH sans résultats tangibles. Sa réponse a constitué l’un des moments les plus commentés. «Les Marocains méritent plus de 280 milliards», a-t-il déclaré, ajoutant que si «on disposait de 1.000 milliards, on les leur donnerait». Le dirigeant a rattaché cette position au chantier de l’
État social, estimant que les catégories qui souffrent de la précarité méritent d’être soutenues, en particulier celles qui ne se trouvent pas, selon son expression, dans les salons feutrés de Rabat. Son parti se considère porteur de ce projet, a-t-il insisté, un chantier qui en est à ses débuts et qui appelle un nouveau mandat gouvernemental pour être poursuivi. Les dirigeants du parti se présentent devant les citoyens le visage découvert, a-t-il encore soutenu, ne fuient pas la confrontation avec les crises et s’appuient sur les engagements pris en 2021 et réalisés, selon lui, intégralement.
À moins de trois semaines du scrutin du mercredi 23 septembre, le Rassemblement national des indépendants a dévoilé, vendredi 4 septembre à Jorf El Melha, dans la province de Sidi Kacem, deux engagements sociaux phares de son programme électoral. Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement et membre du bureau politique du parti, a annoncé ainsi le maintien de l'aide sociale directe durant une année complète après l'accès à un emploi, ainsi que la création d'une carte de cumul des jours travaillés au profit des saisonniers. Mohamed Chouki, président du parti, a mis en avant l'offre du relèvement du SMIG à 5.000 dirhams et l'exonération fiscale pour l'enfant scolarisé dans le privé. La veille, à Aïn Jawhara, le Chef du gouvernement sortant était revenu longuement sur deux dossiers très controversés : les prix des viandes et les subventions à la reconstitution du cheptel.
La séquence consacrée aux valeurs a fourni le second volet de cette riposte. Le dirigeant les a présentées comme l’une des lignes de partage entre les partis, avant d’affirmer que la place de la femme et ses droits constituaient pour sa formation une question à la fois stratégique et centrale. Il a apporté son soutien à la députée Fatima Khair, dénonçant la fabrication d’informations et d’images destinées à la calomnier et à porter atteinte à son image.
L’eau au centre des annonces pour la province
Le volet programmatique a été exposé par le Chef du gouvernement, qui a annoncé la poursuite de chantiers structurants dans la province. Le nouveau
projet hydrique lié au
dessalement de l’eau de mer renforcera, selon lui, les ressources destinées à l’agriculture et ouvrira la voie à de nouveaux
investissements. Cette station sera implantée dans la zone de Massa, a-t-il précisé, et l’eau dessalée bénéficiera à la ville de
Tiznit ainsi qu’à la région de Taroudant, ce qui permettra d’irriguer des milliers d’hectares. Les exploitations ne resteront plus otages des précipitations, a-t-il affirmé, indiquant que les études avaient démarré et que les travaux seraient engagés prochainement.
Le responsable gouvernemental a inscrit cette annonce dans une généalogie de projets hydrauliques régionaux. Il a cité le cas d’Aoulouz et le transfert d’eau destiné à l’irrigation d’El Guerdane, un chantier qui a, selon lui, redonné vie à la zone et sur lequel il a travaillé au département de l’
Agriculture, puis la station de dessalement de Chtouka-Aït Baha, sans laquelle l’eau n’aurait pas été disponible dans le Souss depuis trois ans. Au-delà de la ressource hydrique, il a annoncé la mise à niveau de quatre hôpitaux et l’ajout de deux établissements supplémentaires, en parallèle avec le développement du système éducatif. Le taux des écoles pionnières atteint, selon les chiffres qu’il a présentés, près de 80% dans la région, l’expérience devant être généralisée dans les années à venir.
Un gouvernement sous pression
Pour justifier la volonté de son parti de briguer un nouveau mandat, M. Akhannouch a rappelé les conditions dans lesquelles son équipe a exercé. L’Exécutif a pris ses fonctions sous la pandémie de Covid-19, avec un tourisme affecté et des pertes d’emplois, avant d’affronter la crise née de la
guerre en Ukraine, l’inflation et la hausse des prix, puis cinq années de sécheresse, sans compter le
séisme d’Al Haouz. Le gouvernement est attaqué, a-t-il regretté, alors que ses adversaires connaissent parfaitement les contraintes auxquelles il a du faire face.
Malgré ce contexte, a-t-il poursuivi, l’Exécutif a assumé son programme, en particulier le soutien social direct dont bénéficient quatre millions de familles, l’État prenant en charge le versement de leurs cotisations à la
Caisse nationale de sécurité sociale, ainsi que la généralisation de la couverture sanitaire et sociale. Les familles couvertes peuvent désormais être hospitalisées dans le public comme dans le privé et choisissent le secteur qu’elles souhaitent, ce qui n’était pas possible auparavant, a-t-il détaillé, citant le cas d’une intervention chirurgicale dont le coût dépasse 20 millions de centimes, prise en charge par le
régime AMO Tadamon sans que le patient ne débourse un dirham.
Dans le même ordre d’idées, il a mis en avant une hausse de 20% du
salaire minimum dans le secteur non agricole et de 25% dans le secteur agricole, outre l’augmentation générale des salaires des fonctionnaires. Ces réalisations ont été conduites sans affecter les équilibres macroéconomiques, a assuré le Chef du gouvernement, qui présente ces chantiers comme étant encore à leurs débuts.
Un ancrage territorial revendiqué
Karim Achengli, coordinateur régional du parti à Souss-Massa et président du Conseil de la région, qui avait ouvert la rencontre, a relevé que participation du Chef du gouvernement envoyait, selon lui, un message de confiance envers la région, la province, les candidats et les militants. Le Chef du gouvernement a, pour sa part, détaillé la composition des listes. La liste régionale des femmes est conduite par Zakia Driouich, accompagnée de candidates parmi lesquelles Sakina Abarki, des femmes qui défendront les habitants au Parlement, a-t-il assuré. Il a aussi rapporté que Nadia Boudlal, à qui il avait été demandé de figurer sur cette liste, a décliné la proposition en indiquant qu’elle est connue comme la fille de Haj Boudlal et que les électeurs devaient voter pour elle à ce titre, avant de choisir la liste locale. Son père fut son adjoint à la tête de la région de Souss-Massa-Draâ en 2003. Cet ancrage se traduit dans les positions acquises par la formation, qui préside aujourd’hui la moitié des collectivités territoriales de la province, un élément présenté comme très important par Aziz Akhannouch.