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Elections 2026 : l’emploi des femmes, angle mort de plusieurs programmes électoraux (FLDF)

À quelques jours du scrutin du 23 septembre, un baromètre de la FLDF et du CIOFEM passe au crible les engagements de neuf formations politiques en matière d’égalité femmes-hommes. Sur l’activité économique des femmes, seules trois affichent dans les documents examinés un objectif chiffré spécifique, tandis que l’étude élargit son analyse aux effets du climat, de l’intelligence artificielle et des mutations de l’emploi.

20 Septembre 2026 À 11:05

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À trois jours des élections législatives, la place des femmes dans les programmes électoraux ne se résume plus à la parité ou à leur présence sur les listes. Emploi, pouvoir d’achat, santé, violences, intelligence artificielle ou encore gouvernance : la Fédération des Ligues des Droits des Femmes (FLDF) et le Centre d’Information et d’Observation des Femmes Marocaines (CIOFEM) ont passé les engagements des partis au crible de leur impact sur les femmes.

Leur baromètre porte sur neuf formations ou alliances : RNI, PAM, Istiqlal, USFP, PPS, Mouvement populaire, PJD, Union constitutionnelle et Alliance Gauche, réunissant la FDG et le PSU. Les auteurs précisent qu’il ne s’agit ni de noter ni de classer les partis, mais de confronter leurs engagements aux droits constitutionnels, aux politiques publiques existantes ainsi qu’aux transformations économiques, sociales, climatiques et technologiques.

Peu d’objectifs chiffrés sur l’activité des femmes

C’est sur l’activité économique féminine que les différences apparaissent le plus nettement. Selon le corpus étudié, trois formations fixent un objectif chiffré spécifique : le PAM vise un taux d’activité féminine de 21,2% à l’horizon 2031, le PPS 25% et l’USFP plus de 30%. Pour les autres formations examinées, le baromètre indique n’avoir identifié aucune cible féminine directement comparable, tout en relevant l’existence de plusieurs mesures concrètes.

Ces objectifs sont à mettre en perspective avec celui du Nouveau Modèle de Développement, qui prévoit de porter le taux d’activité des femmes à 45% à l’horizon 2035. La FLDF et le CIOFEM estiment toutefois que la trajectoire permettant d’atteindre cette cible mérite d’être réinterrogée au regard des transformations intervenues depuis 2021 : sécheresse, évolution de l’emploi agricole, mutations du textile et des services, concurrence internationale, numérisation et montée de l’intelligence artificielle.

Le baromètre relève par ailleurs des propositions concernant les crèches et l’économie du care, le retour à l’activité, l’égalité salariale, l’entrepreneuriat féminin, l’accès au financement, les marchés publics, la mobilité ou encore les services en milieu rural. Mais il introduit également un enjeu encore peu présent dans le débat électoral : la reconversion des femmes occupant des emplois susceptibles d’être transformés par le changement climatique, la concurrence ou l’intelligence artificielle.

2.658 candidates, mais la parité ne se mesure pas qu’au nombre

La représentation politique constitue l’autre grand volet de l’analyse. Le baromètre recense 2.658 candidatures féminines au niveau national, dont 875 dans les circonscriptions locales, tandis que 121 listes locales sont conduites par des femmes.

Pour ses auteurs, ces chiffres ne suffisent toutefois pas à apprécier la place réelle accordée aux femmes dans la compétition électorale. L’analyse s’intéresse également aux positions susceptibles d’être éligibles sur les listes, aux critères d’investiture, au financement des campagnes, à la formation, aux voies de recours et à la protection des candidates.

Santé, violences et pouvoir d’achat également passés au crible

Le baromètre distingue aussi les politiques générales de santé des besoins spécifiques des femmes, notamment en matière de santé maternelle, sexuelle et reproductive, de gynécologie-obstétrique, de santé mentale et psychosociale et d’accès territorial aux soins.

La question des violences est abordée sur l’ensemble du parcours, de la prévention à l’autonomie des victimes, en passant par le signalement, la protection, la justice, l’hébergement et l’accompagnement psychosocial. Les violences politiques, électorales et numériques sont également intégrées comme des obstacles potentiels à la participation des femmes.

Enfin, la FLDF et le CIOFEM abordent le pouvoir d’achat sous l’angle de l’égalité, considérant que l’évolution des prix, des revenus ou encore des coûts du logement, du transport, de l’énergie et de la santé n’affecte pas les femmes de la même manière selon leur revenu, leur lieu de résidence, leur situation familiale ou leur charge de care.

Au-delà des promesses de campagne, le baromètre pose finalement la question de leur traduction concrète après le scrutin. Pour chaque engagement, il propose de rechercher un responsable, des moyens, un calendrier, des indicateurs, des résultats publiés et un mécanisme d’évaluation, avec l’objectif de pouvoir suivre leur mise en œuvre législative et gouvernementale après les élections.
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