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Concours de la Justice : Ouahbi répond aux critiques sur les diplômés en droit

Interpellé sur l’« exclusion injustifiée » des diplômés en droit de certains concours de recrutement du ministère de la Justice, Abdellatif Ouahbi a défendu la politique menée par son département. Dans une réponse écrite adressée à la députée Fatima-Zahra Batta, du groupement parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD), le ministre affirme que 873 postes ont été ouverts depuis 2021 à des candidats issus de formations juridiques ou apparentées.

10 Juillet 2026 À 12:17

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Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a répondu aux critiques sur l’exclusion des diplômés en droit d’un concours de recrutement des délégués judiciaires. Saisi par la députée Fatima-Zahra Batta, il rejette l’idée d’une éviction générale des juristes et justifie les choix de son département par l’évolution des besoins de l’administration judiciaire et la diversification des profils recherchés.

Dans sa réponse écrite, le ministre inscrit cette politique de recrutement dans la transformation en cours du système judiciaire. Il affirme que son département veille à « fournir des ressources humaines spécialisées et qualifiées » afin d’améliorer le fonctionnement des greffes, d’accompagner les projets de transformation numérique et de garantir la qualité de la formation.

Abdellatif Ouahbi insiste notamment sur le rôle des compétences techniques dans la modernisation des tribunaux. « Le facteur humain joue un rôle central et décisif dans la réussite de la transition vers le tribunal numérique », souligne-t-il, estimant que la numérisation ne peut se limiter à la mise à disposition d’équipements et de logiciels. Elle suppose, selon lui, des agents capables de maîtriser ces outils et de les mettre au service de l’efficacité de la justice.

C’est dans cette logique que le ministère dit avoir renforcé les tribunaux par des profils techniques aux compétences diverses, combinant la maîtrise des procédures et des outils numériques. Ces recrutements doivent notamment contribuer à accélérer les procédures, à développer l’archivage numérique et à améliorer la gestion des dossiers judiciaires à travers le système d’information.

Le département affirme également avoir élaboré un référentiel des emplois et des compétences couvrant l’ensemble des métiers des greffes, aussi bien dans l’administration centrale que dans les services déconcentrés et les tribunaux. Ce dispositif doit permettre, selon la réponse ministérielle, d’anticiper les besoins en effectifs et en compétences et d’adapter les recrutements aux transformations organisationnelles, administratives et numériques du secteur.

873 postes ouverts aux profils juridiques depuis 2021

Concernant la place accordée aux diplômés en droit, Abdellatif Ouahbi présente le bilan des concours organisés depuis le début de l’actuelle législature. « Le ministère de la Justice a déjà organisé plusieurs concours destinés aux candidats titulaires de diplômes ou de certificats en lien avec le domaine juridique », affirme-t-il.

Selon le tableau joint à sa réponse, 873 postes ont ainsi été ouverts depuis 2021 à des candidats issus des sciences juridiques, du droit privé, du droit public, de la charia, des études juridiques et judiciaires, mais aussi des droits humains, des sciences politiques, des relations internationales, de la diplomatie et des techniques législatives.

Dans le détail, 280 postes avaient été ouverts en 2021 à des profils issus des sciences juridiques ou de la charia. En 2023, les concours ont concerné 252 postes, dont 240 réservés aux diplômés en sciences juridiques ou en charia. En 2024, 226 postes ont été proposés dans plusieurs spécialités juridiques et connexes. Les concours organisés en juin 2025 ont, eux, porté sur 115 postes, notamment en droit privé, droit public, sciences juridiques, charia et études juridiques et judiciaires.

Le ministre fait également état d’un déficit d’environ 4.500 fonctionnaires, estimant que les 300 postes budgétaires prévus par la loi de Finances 2026 ne suffisent pas à couvrir les besoins du secteur.

Cette pression devrait encore s’accentuer avec l’évolution de la carte judiciaire. Abdellatif Ouahbi rappelle que le décret du 19 février 2026, modifiant celui du 10 novembre 2023, a accompagné la création de nouveaux tribunaux et centres judiciaires pour tenir compte de l’évolution du volume des affaires. Face à cette situation, le ministère dit avoir demandé une augmentation des postes budgétaires dans les prochaines lois de Finances afin de résorber progressivement le déficit en personnel.
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