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La Turquie fête 70 ans de relations avec le Maroc en mettant ses chiffres en avant

À l’occasion du 103e anniversaire de la proclamation de la République de Turquie, l’ambassade de Türkiye à Rabat a organisé, jeudi 29 octobre, une réception à la résidence de l’ambassadeur, Mustafa İlker Kılıç, en présence de Samir Belfkih, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, porte-parole du gouvernement, ainsi que de parlementaires, de diplomates et de représentants des médias... Coïncidant avec le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, la soirée a surtout servi de tribune à un plaidoyer économique adressé au nouvel Exécutif. Echanges commerciaux supérieurs à 5 milliards de dollars, plus de 300 entreprises turques installées au Royaume, investissements dépassant le milliard de dollars, l’ambassadeur a aligné les chiffres pour positionner son pays en véritable partenaire du Royaume.

02 Novembre 2026 À 17:10

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Danses folkloriques d’Anatolie, photographies d’Ankara à l’entrée, buffet de cuisine turque. Le décor de la résidence de l’ambassadeur, jeudi soir à Rabat, était celui d’une fête nationale classique. Le discours, lui, avait le ton d’un bilan d’affaires. Devant un parterre de responsables, de députés et d’ambassadeurs, Mustafa İlker Kılıç a consacré l’essentiel de son intervention à mesurer le poids de son pays dans l’économie marocaine, avant de tendre la main à un gouvernement installé depuis quelques semaines.

Un plaidoyer chiffré

Le diplomate a rappelé que la Turquie fut l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance du Maroc en 1956, ce qui fait de 2026 l’année du 70e anniversaire des relations diplomatiques. Mais c’est sur le terrain économique qu’il a voulu marquer les esprits. Les échanges commerciaux dépassent, selon lui, 5 milliards de dollars, plus de 300 entreprises turques sont implantées au Maroc et leurs investissements franchissent le milliard de dollars. «Nous sommes heureux de contribuer au nouveau chapitre de la modernisation du Royaume», a-t-il déclaré.

Ces chiffres sont avancés dans une relation commerciale qui n’a pas toujours été apaisée. Le Maroc avait obtenu en 2020 une révision de l’accord de libre-échange liant les deux pays, face à un déficit commercial jugé préjudiciable à son tissu industriel, notamment dans le textile. L’ambassadeur n’a pas évoqué ce dossier, préférant insister sur la valeur ajoutée créée localement par les entreprises de son pays. Il a complété le tableau par la dimension humaine. Quelque 5.000 jeunes Marocains étudient chaque année dans les universités turques et des centaines de milliers de ressortissants des deux pays se rendent l’un chez l’autre, malgré les plus de 3.500 kilomètres qui les séparent.

Une chambre de commerce annoncée en turc

Une information est passée inaperçue auprès la majorité des invités. S’adressant en turc à ses compatriotes, traduction projetée à l’écran, l’ambassadeur a annoncé que la Chambre de commerce et d’industrie turco-marocaine, dont il avait annoncé la création l’an dernier depuis la même tribune, était désormais opérationnelle. Son bureau de Casablanca a ouvert, son lancement officiel a eu lieu le 8 septembre et le nombre de ses membres progresse rapidement. Il a invité les entrepreneurs turcs qui ne l’ont pas encore fait à y adhérer et les membres actuels à y amener leurs partenaires marocains. L’outil de structuration de la présence économique turque au Maroc est donc en place, et il a été présenté d’abord à ceux qu’il concerne directement.

Main tendue au gouvernement El Mansouri

Le volet politique du discours visait sans détour la nouvelle équipe gouvernementale. «Je souhaite au nouveau gouvernement marocain plein succès dans sa mission en cette période exigeante», a lancé Mustafa İlker Kılıç, qui a dit sa fierté de voir une femme, Fatima Ezzahra El Mansouri, à la tête de l’Exécutif. S’adressant à Samir Belfkih, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, porte-parole du gouvernement, invité d’honneur de cette cérémonie, il a réaffirmé la volonté d’Ankara de poursuivre une collaboration étroite avec Rabat «afin de porter nos relations à de nouveaux sommets».

La réponse du porte-parole du gouvernement a replacé la soirée dans son cadre institutionnel. Samir Belfkih a rappelé que cette célébration s’inscrivait dans le prolongement du message de félicitations adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Président turc, dans lequel le Souverain a réaffirmé sa volonté de renforcer les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays. Le ministre a décrit une relation bilatérale «portée par un dialogue politique constant, des échanges réguliers et une coopération en développement», avant d’affirmer que le Maroc souhaitait bâtir un partenariat «fondé sur la confiance, le respect mutuel et la convergence de nos intérêts».

L’ambassadeur a tenu à rappeler que ces 70 années ne constituaient que «le chapitre contemporain» de cinq siècles de contacts entre les deux pays. Il a aussi rendu hommage à Jawad Merroune, Marocain tué lors de la tentative de coup d’État de juillet 2016 en Turquie, seul étranger tombé cette nuit-là, dont le souvenir est devenu, selon lui, le symbole de la fraternité entre les deux peuples. La soirée s’est poursuivie autour d’Ankara, désignée capitale touristique du monde turcique pour 2026, mise à l’honneur par une exposition de photographies et des danses traditionnelles.
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