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Edward Gabriel sur le Sahara : «L’Algérie et le polisario devraient comprendre qu’il ne reste qu’une solution»

À New York, le 25 septembre, Christopher Landau a donné une traduction économique à une position diplomatique vieille de six ans. À l’issue de son entretien avec Nasser Bourita, le secrétaire d’État adjoint américain a évoqué une «vision commune pour le développement de la région du Sahara» sous souveraineté marocaine, tout en prévenant que «ce statu quo ne peut être maintenu». Mais entre le soutien de Washington et l’arrivée d’entreprises américaines dans les provinces du Sud, il reste un pas à franchir. Edward Gabriel, ambassadeur des États-Unis au Maroc de 1997 à 2001 et aujourd’hui dirigeant du cabinet de conseil The Gabriel Company, propose de le faire à travers une mission commerciale organisée aux États-Unis. Dans cet entretien accordé au «Matin», il explique ce que les déclarations de M. Landau changent, selon lui, pour l’investissement, le processus politique et la relation stratégique entre Rabat et Washington.

30 Septembre 2026 À 15:05

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Le Matin : Voyez-vous dans les propos de Christopher Landau une consolidation, dans les faits, de la reconnaissance américaine annoncée en 2020 ?
Edward Gabriel : Oui. La rencontre de la semaine dernière à New York entre les États-Unis et le Maroc témoigne du soutien clair et continu de Washington à la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur les provinces du Sud. Elle fait également écho à la décision prise par le Conseil de sécurité des Nations unies en octobre 2025, qui, selon moi, a établi l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté du Royaume comme seul cadre des négociations entre le Maroc, l’Algérie et le polisario.
Quelle importance accordez-vous au fait que l’administration américaine associe désormais, dans ses déclarations publiques sur le Sahara, le développement économique et l’investissement à la diplomatie ?


Il y a plus de dix ans, le Congrès américain avait déjà exprimé clairement son soutien au développement et à l’investissement dans les provinces du Sud. La déclaration de Christopher Landau sur le développement économique du Sahara consolide encore le soutien des États-Unis à la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Il apparaît aujourd’hui clairement qu’une large majorité d’élus des deux partis, au Sénat comme à la Chambre des représentants, républicains et démocrates, ainsi que l’administration Trump, soutiennent pleinement la souveraineté marocaine et encouragent les investissements américains au Sahara.
Quelles mesures concrètes les États-Unis pourraient-ils prendre pour encourager leurs entreprises à investir dans les provinces du Sud ? Quels obstacles restent encore à surmonter ?


Le Maroc est un pays stable, favorable à l’investissement, qui attire des capitaux internationaux dans plusieurs de ses régions. Sa Majesté le Roi Mohammed VI et les gouvernements qui se sont succédé au cours des vingt-sept dernières années ont mis en place des structures de gouvernance solides et des dispositifs de sécurité qui ont fait du Maroc une destination pour l’investissement américain. Une mission commerciale organisée aux États-Unis sous l’égide de l’ambassade américaine, avec la participation d’entreprises privées marocaines et américaines, pourrait permettre de présenter les projets d’investissement au Sahara à des acteurs du secteur privé américain. Elle pourrait être organisée conjointement avec une grande entreprise américaine et encourager les sociétés des deux pays à investir ensemble. Une telle mission bénéficierait de l’appui et du poids politique de l’administration Trump, mais aussi du Congrès américain et du secteur privé.


Après plus de cinq décennies de différend, que faudrait-il, sur le plan politique, pour que Washington contribue à faire passer le processus de la gestion du conflit à la recherche d’un règlement durable ?


Les États-Unis ont maintenu un soutien ferme à une solution fondée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine. L’essentiel, désormais, est que les Nations unies et les États-Unis encouragent les parties à négocier une solution acceptable dans le cadre de l’initiative marocaine, qui accorderait l’autonomie aux populations du Sud sous souveraineté marocaine. Dans le même temps, le Maroc renforcerait sa position en engageant un dialogue avec les habitants des provinces du Sud afin de recueillir leur avis et leur adhésion à toute solution définitive. Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait appelé à une telle démarche lorsqu’il avait proposé pour la première fois l’initiative d’autonomie, en 2007, et celle-ci avait reçu un large soutien de la population. Un dialogue avec des interlocuteurs respectés au Sahara renforcerait considérablement la position marocaine.

L’Algérie et le polisario devraient comprendre qu’un référendum où l’un des camps remporterait tout n’est plus envisageable et qu’il ne reste, à mes yeux, qu’une solution garantissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara. S’ils continuent à faire obstacle au processus, le Conseil de sécurité devrait entériner une solution d’autonomie sous souveraineté marocaine, en tenant compte de l’avis des habitants du Sahara.
Plus largement, que révèle cette séquence new-yorkaise de la profondeur actuelle du partenariat stratégique entre les États-Unis et le Maroc ?


La relation entre les États-Unis et le Maroc a atteint un niveau sans précédent dans tous les domaines : la reconnaissance de la souveraineté marocaine, la coopération militaire, la collaboration stratégique régionale et le partenariat économique. J’observe de près les progrès du Maroc depuis vingt-huit ans. Il me paraît évident que, sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les deux pays ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique, dans l’ensemble des domaines de leur relation.
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